Coucou tout le monde. J’espère que vous allez bien. Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler de ce roman magnifique, dont la puissance et la justesse des mots de l’autrice m’ont profondément touchée.
Ils s’appellent Yvan et Joséphine. Deux âmes égarées qui vont se rencontrer, se comprendre. Les aider à se sentir vivants. S’aimer tout simplement et entièrement. Inconditionnellement. Direction Dieppe et la mer pour se découvrir, s’apprivoiser et se reconnaître, telle une évidence. De ces regards qui nous portent, nous rendent beaux, nous donnent de l’espoir et rendent notre monde plus doux. Une rupture, des souffrances collées au corps, un vide qui les aspire vers un néant, seule solution pour faire taire cette douleur qui brise de l’intérieur.
Dans un monde où tout va trop vite, on l’on se cherche en permanence, où la majorité ressent ce besoin incessant de ressembler à tout le monde. Au point de faire semblant, de se perdre à travers nos doutes, nos peurs, nos errances. A afficher un sourire permanent et forcé pour cacher aux autres ses failles. Nos fissures que l’on étouffe. De peur d’être démasqué, incompris, moqué et jugé. Ce monde qui ne tourne plus vraiment rond et qui nous entraîne si facilement dans ses tumultes.
Lorsqu’on se sent rejeté, abandonné, il est si facile de trébucher et de sombrer dans le désespoir. Sur un fil tendu, si fragile, comme un funambule au bord du précipice. On tremble, on vacille, on tombe, on sombre, on tente de se relever. Une détresse qui nous fait visiter les tréfonds de notre âme, sans parvenir à reprendre notre souffle pour remonter à la surface. Un appel à l’aide que personne ne semble entendre.
Cette douce folie que l’on refuse de voir, mais qui fait pourtant toute la beauté du monde. Que j’aime nos folies invisibles qui nous rendent si singuliers. Derrière nos différences, notre plus grande force et richesse intérieure, on a tant de belles choses à dire et à offrir. Notre vision du monde. Notre sensibilité.
Une invitation à regarder la différence avec un regard plus doux et bienveillant, à l’accepter et à surtout ne plus en avoir peur. Un roman sensible et lumineux qui interroge.
L’avez-vous lu ? Êtes-vous tentés ? Avez-vous déjà lu cette autrice ?
Mes extraits :
• « Je ne peux détacher mon regard de ce bleu. J’avais oublié la beauté. Celle d’une vue qui vous embarque, qui vous saisit à cœur, qui vous chante que la vie est belle, malgré tout. Quel que soit ce tout »
• « Il n’y a pas que la psychiatrie qui soit barbare. Comment les gens font-ils pour faire semblant tout le temps ? Faire semblant d’aimer ? Ou aimer à demi, ne se donner que par morceaux ? Ils se racontent des histoires auxquelles ils croient à peine, ils mentent, trichent, s’accommodent de tout »
• « Comment était-il possible qu’un couple s’étant suffisamment aimé pour construire une famille n’ait pas même gardé des stigmates de complicité, de tendresse, de compréhension ? »
• « Notre amour ne me guérira pas, mais il me donne la force de le vouloir, même si ma maladie est décrétée incurable. Certains s’en sortent, je le sais. Plus d’hallucinations, plus de médicaments, leur psychose disparaît sans que personne ne sache pourquoi. Si,la médecine, n’aimant ni les contradictions ni les incertitudes, en général, c’est le diagnostic qui est remis en cause »
• « Je me suis toujours senti coupable, de la séparation de mes parents, de ma schizophrénie. J’avais l’impression de lire constamment dans leurs yeux : « Si tu faisais un petit effort, nous n’en serions pas là… » Un psychiatre avait dit à mes parents que je n’avais pas choisi d’être malade. Mais ça n’avait pas suffi. Ils faisaient mine de ne pas comprendre, parce qu’avec avec un peu de volonté, on peut tout non, y compris guérir ? »
• « Ils se parlaient durant des heures, de leur passé, de leurs rêves inachevés qui, parce qu’ils étaient ensemble désormais, se transformaient en promesses »
• Ce qui est difficile, c’est de ne pas travailler, jamais. Pendant que des millions de personnes se lèvent le matin en sachant où aller et quoi faire, toi tu restes vissé à ton canapé parce que cette société n’a pas besoin de toi, ça c’est dur, crois-moi. Quand tu es inutile, tu n’existes pas »
• « C’est toujours quand tu commences à te détendre, à te dire que la roue a peut-être tourné – le ciel t’apparaît bleu et la mer enfin calme – qu’une violente averse t’arrive en pleine face »
• L’enfer, c’est les autres. C’est compliqué de vivre dans cette société sans s’y cogner… sans s’y faire mal. Quel que soit ta différence, elle te stigmatise. Alors chacun cherche à gommer la sienne, enfin autant qu’il le peut. Et quand il ne le peut plus, on l’isole, on l’enferme »
• « Je me dis qu’au fond il y a des anges terrestres aussi, qui gardent en vie ceux qui ne tiennent à la terre qu’à un fil »
• « Accepter, c’est faire avec une certaine réalité en continuant à avancer, se résigner c’est perdre l’espoir de toute transformation possible »
• « Rien ne pourra nous séparer, pas même ma propre mort, il en va ainsi de toutes les âmes qui s’aiment. Je suis là où elle est »
Ma note : 9,5/10

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