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Les recettes de la vie – Jacky Durand

Les recettes de la vie – Jacky Durand

Quatrième de couverture :

Henri est le chef dévoué du Relais fleuri, un bistrot traditionnel qui régale ses clients de plats généreux. Sous les yeux subjugués de son fils Julien, il élabore des recettes que sa femme consigne dans un cahier. Mais un jour, celle-ci quitte la maison sans explication. Henri décrète alors que jamais Julien ne deviendra cuisinier. En cachette, le jeune homme poursuit son rêve et dans sa quête, il lui faudra démêler les secrets de famille et comprendre pourquoi Henri a laissé partir sa femme sans un mot…

Mon avis :

Ce livre, émouvant, m’a fait découvrir l’histoire d’Henri, cuisinier, et de son fils Julien. Une histoire touchante car les personnages n’ont pas été épargnés par la vie. Animé par une féroce envie de s’en sortir, Henri n’a eu d’autre choix que de se servir de ses mains pour apprendre un métier. Un métier, d’ailleurs, qu’il ne souhaite absolument pas transmettre à son fils. Alors que Julien observe les gestes de son père avec passion, ce dernier tente par tous les moyens de le dissuader de se diriger vers un métier trop prenant.

L’histoire d’un amour paternel envers son unique fils dont il s’est fait un devoir de protection, en l’encourageant fortement à mener une vie meilleure que la sienne. Un passé douloureux, rempli de souffrances, qui l’a amené à vivre dans une profonde solitude et tristesse.

Le livre commence durement avec Julien qui veille sur les derniers jours de son père qui lutte contre la maladie pour lui laisser le temps de lui dire au revoir. Ce père qui lui a tout donné malgré son métier prenant, ses silences. Un père qui l’a aimé plus que tout même si c’est parfois avec maladresse. Un père qui a consacré sa vie à la cuisine, à élaborer des plats dans le seul but de satisfaire ses clients.

Julien se remémore alors les souvenirs les plus marquants de sa jeune vie. Les heures passées en cuisine, à découvrir des plats parfumés aux odeurs inoubliables. L’apprentissage de cette passion en cachette de son père en espérant attirer son regard. Sa première histoire d’amour. Un livre d’une vraie sincérité, à fleur de peau. Avec le partage de cette passion culinaire évidente de l’auteur qui rend un bel hommage à ces métiers de bouches où on ne compte pas ses heures de travail, parfois au détriment d’une vie de famille équilibrée.

Une histoire de transmission également. Henri, très peu porté par l’écriture et la lecture, a toutes ses recettes en tête. Il cuisine avec son cœur, instinctivement et généreusement. Sa femme Hélène est son opposée. Femme cultivée, prof de lettres, elle lui a offert un carnet où consigner ses recettes. Cadeau qu’il n’a pas compris. Quittés brutalement par Hélène, qui n’a donné aucune explication à son départ, Julien doit se construire avec beaucoup d’interrogations et de doutes. L’absence d’une femme dans leur vie se fait cruellement ressentir.

Julien et Henri parviendront-ils à pardonner à Hélène son départ si cruel ? Les deux hommes réussiront-ils à se parler, se confier pour mieux se comprendre ? Une histoire sur le pouvoir de l’amour, l’envie d’un fils de se révéler malgré les réticences de son père en espérant un jour voir de la fierté dans son regard. Une quête du bonheur à travers le désir de se réaliser pleinement en écoutant et respectant ses envies.

Amour, secret de famille, pardon sont les principaux ingrédients de ce livre. L’histoire de ce père et son fils, unis dans leur fragilité et leur passion pour la cuisine, m’a émue. Touchée par cette relation dont les grands discours ne font pas partie mais dont l’amour est si fort. Le métier de parent est bien le plus difficile au monde. Malgré la volonté de toujours bien faire, la perfection n’existe pas.

Mes extraits :

• « Nous sommes comme des funambules sur le fil de la vie sans maman. En équilibre instable, risquant à tout moment de sombrer dans la tristesse »

• « Il n’y a pas de place pour l’imprévu. Je voudrai que notre vie ressemble aux westerns. Tu serais éclaireur en pays comanche, chasseur de primes, chercheur d’or, trappeur…Nous chevaucherions dans l’inconnu »

• « Tu sais, en cuisine, rien n’est jamais gagné, tu peux être bon un jour, moyen un autre parce que tu t’es levé du pied gauche. C’est le métier qui rentre quand tu te trompes. Le plus important, c’est la régularité »

• « Moi, j’ai été obligé de travailler de mes mains. Toi, tu as la chance de pouvoir apprendre. Apprends un bon métier. C’est pas une vie, la cuisine, t’es debout de 7h du matin à minuit. Même si ça marche, t’as toujours l’angoisse de la salle vide, du service qui part en couille, de la blanquette qui n’est pas comme d’habitude »

• « Je veux ta colère, tes reproches. Tout, sauf ton silence immobile et cette putain de chape de plomb qui recouvre tes émotions depuis que maman est partie »

• « On aime comme on peut. Être parent, c’est le métier le plus difficile »

• « Ce que tu as appris ne sera jamais perdu »

Ma note : 8/10

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