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La vie sans toi – Xavier de Moulins

La vie sans toi – Xavier de Moulins

Quatrième de couverture :

« Malgré la violence que nous avons dû endurer, nous sommes toujours ensemble, Eva et moi. Dans nos errances respectives, nous avons la rage silencieuse. Un jour, tout finira par exploser. » Mariés, Paul et Eva ont vécu il y a huit ans un drame qu’ils s’efforcent d’oublier. Un jour, un homme mystérieux débarque dans leur vie…Chaque famille a ses secrets, chaque couple ses mensonges. Mais nul n’échappe aux fantômes du passé. Avec La Vie sans toi, Xavier de Moulins signe un thriller psychologique addictif, où la réalité se révèle bien plus trompeuse que les apparences.

Mon avis :

J’avoue avoir choisi ce livre grâce à sa couverture et son titre, sans même lire la quatrième de couverture, comme cela peut m’arriver parfois. Je ne connaissais pas cet auteur.

Il s’agit d’une histoire à quatre voix. Nous découvrons, dans un premier temps, celles d’Eva et Paul. Couple marié, parents de deux adorables filles, on devine rapidement qu’ils partagent un drame qui les a dévasté, détruit. Ils tentent d’y survivre, chacun à sa façon. Eva noie son chagrin dans son travail pour ne plus penser et ce. jusqu’à l’épuisement total. Quant à Paul, artiste peintre, il s’enferme à longueur de journée dans son atelier afin de tenter de retrouver l’inspiration.

Un mur d’incompréhensions s’est dressé entre eux, fait de non-dits, de silence, d’absence de communication, de solitude et de ce sujet tabou qu’Eva refuse obstinément d’aborder avec son mari. Chacun tente d’apprivoiser ses tempêtes intérieures, en faisant semblant d’aller bien.

On devine rapidement que le thème abordé dans ce livre est celui de la disparition d’un enfant et de ce deuil impossible à faire. Eva et Paul se doivent de continuer à avancer pour ceux qui restent et n’ont rien demandé. La mort de leur enfant les tue, malgré tout, à petit feu entre colère, désespoir et culpabilité.

Dans un troisième temps, on découvre la voix de Stan, ce fils bien trop tôt disparu, qui apporte tellement d’amour et de douceur. Il nous raconte l’histoire de ses parents, sa naissance, sa vie et cette passion découverte pour l’aider à canaliser ce trop plein d’énergie qui le caractérise. A travers ses mots remplis d’amour et de sagesse, il essaie d’aider ses parents, en leur envoyant des signes de sa présence afin de les guider vers un chemin plus apaisé. Cette voix, venue de l’au-delà, est juste bouleversante et sonne tellement vrai.

Puis, une dernière voix, vient semer le trouble, celle d’Andreas. Elle apparaît comme une éclaircie dans cette vie remplie de douleur. La seule capable d’apporter un peu de réconfort à Eva, une voix qui lui fait du bien, la rassure, à laquelle elle a envie de s’accrocher. Mais c’est sans compter sur le changement brutal de ton de l’auteur et là précisément, je me suis dit que je n’avais effectivement rien vu venir de l’endroit précis où il souhaitait nous emmener.

C’est l’histoire d’une famille, heureuse et comblée, que le plus horrible des drames est venu briser ce bel équilibre. Malgré ce thème extrêmement difficile à aborder, il offre cependant des messages d’espoir. En proposant de croire qu’il existe un autre monde après la mort. Une autre vie s’installe, en continuant de faire vivre nos morts en nous. Un lien subtil mais extrêmement puissant, une ligne invisible mais indestructible, capables de remplir les cœurs de chaleur. Continuer de parler à nos morts, se laisser guider par leurs mains tendues impossibles à lâcher. Ressentir leur présence en fil continu pour ne pas sombrer. Non, ce n’est pas de la folie, juste un besoin et une évidence pour ne pas interrompre cette chaîne d’amour.

Mes extraits :

• « Elle s’est battue pour les vivants au lieu de pleurer sur son sort, et j’ai trouvé ça incroyable, autant de force et de résilience »

• « Elle n’est pas de ces femmes qui s’effondrent à cause de la douleur, elle est de celles que la douleur renforce »

• « Rien ne pourra jamais nous apaiser. A défaut de s’habituer, on trouve un terrain d’entente avec la douleur. On apprend à cohabiter avec le mal. Et il revient parfois nous brûler. Nous rendre inflammables, c’est le principe des deuils impossibles »

• « Je me suis mis à lui envoyer des signes. Fort de cette protection, il reprenait goût à la vie »

• « Les chevaux sont connectés à nos émotions, et on ne peut pas tricher avec eux. On ne ment pas à un cheval qui n’attend que notre vérité pour nous donner le meilleur de lui-même »

• « L’adversité n’est rien, si on a l’amour d’une famille avec soi pour en venir à bout »

• « Je les aide à redresser la tête pour admirer la nature, la beauté fugace des choses simples qui entourent les gens sur terre »

• « Je ne suis pas le seul mort à saupoudrer de paix les épaules de ceux qui m’ont aimé. On est des milliers à tendre nos bras invisibles vers ceux qui, en bas, tentent de continuer sans nous. Une autre forme de relation se dessine, différente, profonde et habitée. Quand le lien se tisse entre les vivants et les morts, que le dialogue s’instaure, c’est une renaissance »

• « Même protégés par leurs morts, les vivants restent libres, de gâcher leur vie »

• « Qu’est-ce qui vous dit que vos morts ne vous parlent pas, à vous aussi, tout le temps, partout ? Avez-vous seulement ouvert grand vos oreilles ? Avez-vous seulement essayé de les écouter ? Prenez-vous le temps de vous arrêter, de décoller le nez de vos téléphones, d’aller dans la nature et d’attendre , de vous taire, de cesser de chercher à plaire, de vous asseoir sur un banc, de ne penser à rien ? »

• « Apprenons à profiter des ciels dégagés quand la vie nous épargne ses gâchis. Savourons ces instants d’apaisement pour prendre des forces, car la nuit noire peut surgir n’importe quand, et sans prévenir »

Ma note : 8/10

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