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Doucement renaît le jour – Delphine Giraud

Doucement renaît le jour – Delphine Giraud

Quatrième de couverture :

Connie, jeune femme au caractère bien trempé, a réalisé son rêve de devenir fleuriste et gère sa boutique d’une main de maître. Mais le jour où elle découvre une ancienne photo d’elle à côté d’un petit garçon, toutes ses certitudes s’effondrent. Qui est cet enfant ? Acculé, son père lui avoue qu’il s’agit de Mat, son petit frère. Victime d’un accident à l’âge de deux ans, il est resté tétraplégique et communique peu avec le monde extérieur. Connie l’a effacé de sa mémoire. Emportée par son désir de connaître son frère et de rattraper le temps perdu, elle oublie alors une question essentielle : pourquoi ses parents ont-ils préféré lui cacher l’existence de Mat pendant si longtemps ? Elle ignore encore ce qu’il en coûte de remuer le passé…

Mon avis :

J’avoue avoir craqué, en premier lieu, pour la couverture juste sublime de ce livre. Elle a attiré mon regard et impossible ensuite de résister. Ces fleurs odorantes, pleines de couleur et qui possèdent le pouvoir d’adoucir nos journées. Un livre que j’ai dévoré, apprécié à sa juste valeur. Je n’ai pas encore lu le premier roman de l’auteure Six ans a t’attendre mais je vais très vite y remédier.

Ce livre aborde le thème du handicap avec beaucoup de justesse et délicatesse. Avec un regard juste et doux , sans aucun jugement, il considère la personne dans son intégralité. Malgré les secrets et mensonges qui entourent l’accident de Mat, on découvre un jeune homme à la forte personnalité, bouleversant dans sa dignité, dans son combat.

Alors que Connie fait un footing en forêt, elle évite de justesse une collision avec un cycliste. Un incident sans conséquences qui réveille un profond sentiment de malaise en elle. Quel souvenir ce vélo, rencontré au hasard, va-t-il être en mesure de réveiller des pans de sa mémoire ? Elle décide de fouiller dans son passé jusqu’à retrouver l’existence de son frère… qu’elle avait complètement occulté.

Aujourd’hui est un jour spécial. Je suis en train de vivre un très grand « petit bonheur »

Toute à sa joie de retrouver Mat, elle profite pleinement de son frère et souhaite l’entraîner dans ses aventures, lui redonner goût à la vie, le sortir de l’univers dans lequel il est enfermé depuis son terrible accident. Comment rattraper ces vingt années qui les ont séparés ? Connie va t’elle réussir à intégrer son frère handicapé à sa vie ?

Des souvenirs de son enfance remontent peu à peu à la surface sans pour autant que Connie soit capable de revivre les circonstances de l’accident. Elle ressent un grand vide, des zones d’ombre et d’interrogations entre ce que son père lui confie et ce qu’elle ressent tout au fond d’elle. Réussira-t-elle a trouver le chemin de la vérité et de la paix intérieure ? La sérénité dont elle a besoin pour construire sa vie de femme ?

Pourquoi ses parents ont-ils arrêté de lui parler de Mat ? Dans quel but ? Quel lourd secret peuvent-ils lui cacher ? Cet accident qui a bouleversé leur vie, rompant cette solidité familiale et faisant exploser la complicité qui les unissait. Des décisions qui ont anéanti sa vie et eu de terribles conséquences. Connie va se battre pour découvrir la vérité et offrir le meilleur à son frère. Cet être sensible, plus fort qu’il n’en paraît.

On découvre la relation merveilleuse entre Connie et Mat depuis leur plus tendre enfance, cette petite fille qui a toujours veillé sur son frère réputé difficile. Des retrouvailles désarmantes d’amour, de sincérité, de bienveillance. Bien qu’ils aient perdu un temps précieux en raison de décisions qui ne leur appartiennent pas, Mat renaît en la présence de sa sœur. Elle lui apporte l’énergie, l’enthousiasme, la combativité, l’envie de renaître à la vie, de faire déborder celle-ci de nouveaux projets et surtout d’amour.

Outre le handicap, ce roman aborde les thèmes du mensonge, des secrets, de la culpabilité, de la quête de vérité, de la dépression. J’ai été profondément touchée par cette histoire du début à la fin, par ses personnages principaux tels que Connie et Mat bien évidemment, mais aussi par l’apparition de David, sous son air de Robin des Bois, qui va tenter de ravir le cœur de Connie mais rien n’est gagné d’avance… Firmin, craquant dans son franc-parler, son authenticité, son naturel et Janelle, l’amie précieuse au soutien indéfectible. Un sacré coup de cœur pour moi que je vous recommande.

N’hésitez pas à partager votre avis sur cette lecture si vous l’avez déjà lu ou si ma chronique vous donne l’envie irrésistible de la découvrir.

Mes extraits :

• « Parler permet d’évacuer les choses, de les faire sortir pour mieux les apprivoiser »

• « Trouver sa propre mère quand on ne peut pas compter sur la sienne, je crois que c’est l’instinct de survie »

• « Quelqu’un m’a dit un jour que nos différences ne doivent pas nous définir. Mat est tétraplégique, certes. Mais il est aussi un jeune homme audacieux qui a envie de vivre. On ne peut pas lui infliger une double peine à cause d sein handicap »

• « Tout à coup, sans réfléchir, elle se tourne vers l’océan et se met à crier de toutes ses forces. Ce cri-là n’est pas un cri de détresse, de désespoir ou d’angoisse. C’est un cri libérateur. Elle puise au plus profond de son corps pour en faire sortir tout ce qui doit être évacué. Pour laisser s’envoler au large la négativité qui l’emprisonne parfois, les doutes qui l’empêchent d’avancer. Le cri prend naissance au plus profond de ses entrailles, et le long du parcours jusqu’à sa bouche, il laisse un écho de bien-être »

• « C’est à moi de te remercier. Sans toi, nous n’aurions jamais pu venir ici. – Non, je crois que tu ne te rends pas compte. Tu peux être d’une telle spontanéité parfois. J’ai besoin de ces moments. Ça m’a fait du bien. – Voilà ce que j’appelle un moment de petit bonheur »

« Qui est-on pour comprendre leur vie et la juger quand on est tel que nous sommes ? «

• « Les parents sont responsables des actes de leurs enfants lorsqu’ils sont si petits »

• « Notre esprit est bien fait. Il est capable d’effacer ce qui nous rend malheureux »

• « Ce besoin vital pour elle : retrouver la petite fille qu’elle avait été pour la laisser s’exprimer. Qu’elle reprenne possession de son corps pour que l’adulte grandisse »

• Vous avez monopolisé mon esprit, m’ouvrant à un sentiment inconnu. Jusqu’alors, je connaissais l’attirance, le désir, mais pas l’amour. Comment reconnait-on un sentiment qu’on ignore ? Penser à vous nuit et jour, me morfondre loin de vous, me languir de vos caresses, attendre votre venue, nos discussions, nos rires »

Ma note : 10/10

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