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A l’adresse du bonheur – Lorraine Fouchet

A l’adresse du bonheur – Lorraine Fouchet

Quatrième de couverture :

En lisant les petites annonces, Pierre Saint-Jarme découvre que Ker Joie, la maison de famille vendue dix ans plus tôt, est de nouveau sur le marché. Il se précipite pour la racheter. Trop tard. Alors il la loue, le temps d’un week-end, pour réunir la tribu sur l’île de Groix et organiser l’anniversaire d’Adeline, sa mère. Mais Pierre n’est pas le seul à lire les journaux… Un accident survenu il y a trente-sept ans s’invite à la fête. Tandis qu’Adeline souffle ses quatre-vingts bougies et pioche des moments précieux dans le bocal à émotions, les fracas du passé tracent vers l’île.

Et si vous pouviez racheter votre maison d’enfance ? Ce roman ravive les souvenirs, parle du serment d’Hippocrate, de rancune tenace, et surtout d’amour. Il appelle à éclairer la nuit pour ceux qu’on aime, et réveille le parfum des vacances et des recettes de grand-mère.

Mon avis :

J’ai découvert Lorraine grâce à la lecture de Entre ciel et Lou. Un livre qui m’avait profondément émue. Depuis, j’attends chacune de ses nouveautés à paraître que je m’empresse de découvrir. Celui-ci ne fait évidemment pas exception. Je craque pour chacune de ses couvertures que je trouve juste magnifiques, une ode au voyage, sur les traces de ces paysages bretons si beaux.

Alors prêts à embarquer pour l’île de Groix afin de découvrir À l’adresse du bonheur ? Ce titre évoque bien sûr le partage des souvenirs d’enfance, ceux qui restent gravés à jamais, ceux qui ont marqué notre mémoire. Une ode à la famille, aux repas partagés avec ceux qu’on aime, les rires qui continuent de résonner malgré les années qui passent, les odeurs des plats mijotés qui ravissent nos papilles.

Qui n’a jamais rêvé de retourner sur les traces de son enfance, dans cette maison de famille qui a nourri nos plus tendres moments, qui nous a vu grandir entre bêtises et fous rires ? Rien que d’y penser, mes yeux se brouillent en repensant à ces moments de bonheur dans la maison de ma grand-mère. Une maison qui a toujours accueilli beaucoup de monde, les plus belles fêtes familiales, les méchouis avec la bonne odeur de viande grillée, de blagues parfois incompréhensibles des plus petits, les piaillements des enfants qui chahutaient dans la piscine, les délicieuses tartes aux pommes remplies d’amour.

Allez venez, on embarque pour découvrir les sentiers de Groix, s’asseoir et prendre le temps d’observer les gens comblés, les couples se tenir par la main, les familles heureuses de se retrouver, déguster un bon plateau de fruits de mer, respirer la douce et délicieuse odeur des hortensias, mais aussi découvrir les secrets de famille, ceux qui ont le pouvoir de briser des vies, mais dont le temps peut offrir de se rattraper un peu malgré tout, et surtout de pardonner les grossières erreurs commises par le passé.

Un retour sur la terre de leurs souvenirs pour l’ensemble de la famille Saint-Jarme, comme une parenthèse enchantée. Ils sont pourtant loin de se douter de ce qui les attend. Drames, secrets, ce qu’ils ont tenté d’enfouir au plus profond d’eux et d’oublier va inévitablement refaire surface. Alors que les plus jeunes doivent faire face à des décisions à prendre, de nouvelles responsabilités à venir, les plus anciens affrontent leurs souffrances pour avancer, pardonner… sous le regard bienveillant et rempli d’amour de leur Mammig.

Tu n’es plus là où tu étais, mais tu es partout là où je suis – Victor Hugo

Ce qui m’a touchée dans cette famille qui n’a pas été épargnée par les drames, c’est la force de l’amour qui les unit, qui aide à traverser les épreuves et le temps qui passe. Cet amour-là se révèle plus fort que tout et donne les armes pour se relever. Donner aux autres pour donner un sens à sa vie. Soigner les autres pour se réparer soi-même. J’ai adoré cette magnifique idée du bocal à émotions et d’offrir ainsi ses plus beaux souvenirs à ceux qu’on aime par dessus tout. Bien plus marquant qu’un plaid, n’est-ce pas ?

Alors plus aucune hésitation, pour ceux qui n’ont pas encore lu ce sublime livre, prenez la direction de Groix, afin de retrouver cette odeur inoubliable des souvenirs de toute une vie, ceux qui se cachent derrière les murs de Ker Joie. Et gardez précieusement la clé de la maison de votre enfance afin de ne jamais oublier ce qui vous a construit.

Si vous l’avez lu, qu’en avez-vous pensé ? Et vous, quel est votre meilleur souvenir en compagnie de vos grands-parents ?

Mes extraits :

• « A l’autre bout du fil, l’enthousiasme transfigure la voix de son mari. On ne se bat pas contre une maison : les pierres et les souvenirs gagnent toujours. Si Ker Joie peut lui rendre son Pierre inébranlable d’avant la pandémie, elle est d’accord. Cent fois, mille fois. Fonce, je te dis ! »

• « Les humains passent, ils changent les peintures, les fenêtres, plantent des fleurs, réparent les fuites, colmatent les brèches, modifient les noms, puis ils meurent et la ronde recommence. Les maisons nous survivent »

• « Il faut aimer sans assurance de bonheur, sans contrat préservant des risques du destin, sans garde fou. On court chaque jour le splendide danger de la tendresse. Ton bonheur dépend de toi seule »

« Conduis-toi en adulte. Les morts nous laissent nous dépatouiller. Quand Philippe s’est défilé, il a fallu que je fasse front, que j’apprenne à débusquer les petits bonheurs du jour. Dans une situation traumatique, il y a trois réactions possibles : combattre, fuir, se pétrifier m. Tu as fui, tu t’es envolé. Maintenant, tu vas enfiler tes gants de boxe et te battre si t’es un homme »

« Ces quatre-vingts années sont passées à une vitesse effarante, soupire Adeline. Quand on est enfant, on rêve d’être adulte, ensuite on se construit des souvenirs. Et après on les revit comme on déguste un fromage qu’on a affiné ou un vin qu’on a vieilli en cave »

• « Nous lançons nos dés chaque jour sur la piste et regardons ce que la chance nous attribue. Certains ont des cornets en maroquinerie fine à leurs initiales, d’autres joueurs n’ont que leurs mains calleuses, mais au final nos dés s’immobilisent et nous sommes égaux devant la mort »

• « Chacun de nous traverse dans son existence un certain nombre de jours qui comptent, qui allument des lampions pour ceux qu’on aime, qui rendent le monde meilleur et dont on se souviendra »

Ma note : 9/10

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