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Valentine ou la belle saison – Anne-Laure Bondoux

Valentine ou la belle saison – Anne-Laure Bondoux

Quatrième de couverture :

À 48 ans et demi, divorcée et sans autre travail d’un guide pour les 9/13 ans sur la sexualité, Valentine décide de s’offrir une parenthèse loin de Paris, dans la vieille demeure familiale. Là-bas, entourée de sa mère Monette et du chat Léon, elle espère faire le point sur sa vie. Mais à la faveur d’un grand ménage, elle découvre une série de photos de classe barbouillées à coups de marqueur noir. Ce mystère la fait vaciller. Et quand son frère Fred débarque, avec son vélo et ses états d’âme, Valentine ne sait vraiment pas où elle en est. Une seule chose lui semble évidente : elle est arrivée au terme de la première moitié de sa vie. Il ne lui reste plus qu’à inventer – autrement et joyeusement – la seconde.

Mon avis :

Comment ne pas s’attacher à Valentine, cette femme qui semble si fragile et qui se révélera finalement bien plus forte qu’on ne pouvait le supposer. Les faits éloquents de sa vie : un divorce douloureux non digéré, le départ de ses enfants étudiants en province, la cinquantaine en embuscade, les relations affectives impossibles, un licenciement économique, le décès brutal de sa mère qui vient réveiller les non-dits entourant celui de son père durant son enfance. Besoin de se retrancher dans la maison de son enfance pour vivre son deuil, accepter la disparition de celle qui l’a mise au monde, gérer sa souffrance, comprendre son histoire pour digérer, pardonner et pouvoir avancer sereinement.

Alors que sa vie est loin d’être un long fleuve tranquille, Fred son frère décide de venir la retrouver car il s’inquiète pour elle de se retrouver seule, enfermée dans cette maison familiale. Valentine a tant de mystères à percer et de souvenirs à réexaminer. La passion de son frère pour le vélo va les entraîner sur les chemins de Corrèze, entourés d’amis et de rencontres fortuites qui bouleverseront peut-être leurs vies. Les bienfaits du sport, quand tout va mal dans sa vie, n’est plus à prouver. Permet de se canaliser ou, au contraire, d’exprimer ses émotions en allant au bout de soi-même, se dépasser pour retrouver une meilleure estime de soi. Certains souvenirs lui reviendront brutalement et violemment à l’esprit, faisant vaciller ses plus grandes certitudes.

Fred et Valentine vont faire ressurgir les fantômes du passé, s’interroger sur leurs origines. Ils sont prêt à tout pour découvrir la vérité afin de se connaitre profondément. Une véritable quête du bonheur pour se libérer – enfin – du poids du passé. Beaucoup d’interrogations notamment sur le sens que l’on souhaite donner à sa vie. Que ferait-on s’il nous restait que quelques semaines à vivre ? En tout cas, depuis la mort de leur mère, ils vivent un véritable tsunami émotionnel et tout semble partir en vrille dans leur vie. Trouveront-ils le courage de se relever, se battre pour continuer à vivre leur vie pleinement ? Valentine parviendra-t’elle a suivre son intuition : celle de retourner vivre dans la maison familiale qui lui correspond totalement et y rencontrer enfin un homme bien qui saura la rendre heureuse ?

Un livre qui aborde différents thèmes tous reliés les uns aux autres : le deuil, le vide, l’absence, la perte de la figure maternelle, les non-dits, le silence sur les blessures, les secrets de famille, la perte de repères, connaître et comprendre son passé pour pouvoir l’accepter, le pardon, questionnement sur la fin de vie et la mort. On est toujours rattrapés par les émotions enfouies depuis trop longtemps. L’importance de ses rêves d’enfant et la volonté de les conserver, voir de les réaliser a une part non négligeable également dans ce livre.

Un portrait émouvant sur la seconde partie de la vie de Valentine. Une lecture plaisante, enrichissante qui fait réfléchir. J’ai pris le temps de m’imprégner de ce livre qui se révèle plus fort que je ne l’aurais supposé au départ.

Mes extraits :

• » 7 ou 8 ans, un âge où la capacité à s’immerger dans l’instant présent est intacte, où construire une cabane devient la chose la plus importante du monde »

• »Je sais que maman est morte mais je n’arrive pas à l’accepter. J’ai besoin de temps. J’ai besoin d’une transition, d’une bulle où je peux continuer à la croire vivante, à lui parler »

• » Depuis la mort de maman, je me sens différent. Détaché. Je n’ai plus envie de faire semblant »

• » Elle aimerait être athlétique, inépuisable, héroïque. Elle veut gagner, et pour ça, il faut souffrir, elle le sait. Il faut en baver. Aller jusqu’au bout, dépasser ce qui semble indépassable »

• » C’est facile de juger les gens et de les condamner en bloc cinquante ans après. Mais si tu ne comprends pas l’époque, tu ne comprends rien »

• » Les difficultés du présent prennent racine dans le passé »

• » L’ampleur des bouleversements à venir à la suite d’une séparation : trouver la force pour contenir – en plus de ses propres émotions – les larmes, les reproches, la colère et le désarroi de ses enfants »

• » Rien ne nous rend plus heureux que lorsqu’on se sent enfin écouté, enfin compris »

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