Coucou tout le monde. Je vous retrouve pour vous parler de ce roman intense émotionnellement avec lequel j’ai pris une sacrée claque. Comment vous en parler ? Si ce n’est que, si je je ne l’avais pas lu en LC, organisée par François @livraisondemots que je remercie chaleureusement 🫶, je l’aurai dévoré d’une traite, quitte à faire une nuit blanche. Un immense merci à @marie_vareille pour sa présence et ses explications au fil des jours qui ont rendu cette lecture encore plus forte et immersive 🙏
Impossible de retenir mes larmes lors de certains passages tant l’émotion m’a complètement saisie. Une histoire de femmes, durant un siècle, qui ont connu tant de drames, qui ont affronté les épreuves avec tant de courage et dignité, faisant preuve d’une force incroyable pour tenir debout et avancer, coûte que coûte.
On n’imagine pas forcément ce que nos ancêtres ont traversé pour nous offrir cette liberté si chèrement gagnée, cette possibilité de choisir la vie qui nous correspond, celle que nous désirons vivre, le bonheur d’atteindre ses rêves et la chance de les vivre pleinement. Il y a eu tant de sacrifices, de larmes, de douleurs, de risques pour nous offrir ce privilège et cette liberté, qui n’a pas de prix, d’être qui l’on souhaite être.
Un roman qui m’a fait énormément pensé à ma grand-mère qui vivait à la campagne et qui n’a pas eu la vie facile tous les jours. Il y a aussi ce poids des silences, des non-dits qui peuvent avoir des répercussions sur plusieurs générations, avant de pouvoir s’en libérer totalement.
Je n’oublierai jamais Marguerite, Célestine et Jeanne. Elles m’ont appris qu’il était primordial d’assumer ses choix, de tirer des leçons des erreurs commises – et qui nous aident à grandir – malgré un chemin qui peut être semé d’embûches. Un hommage vibrant à ces lignées de femmes qui nous accompagnent ici et dans l’au-delà.
L’autrice aborde avec une profonde justesse la condition des femmes, la rigueur d’un milieu agricole, les tâches épouvantes d’une vie à la ferme et ces femmes qui ont renoncé à leurs rêves, ces secrets enfermés dans un lourd silence dans l’unique but de protéger les êtres aimés, la santé mentale où ceux qui étaient considérés comme fous étaient enfermés dans des maisons de redressement. Cette folie que l’on pointait du doigt, qui n’était pas tolérée, ce regard accusateur d’être différent, en marge de ce que la société et la famille attend. Cela engendre une telle souffrance, la culpabilité d’être un poids pour les autres et celle de de se sentir impuissant face à la souffrance de celui qui est malade.
Une lecture totalement addictive et poignante que je vous recommande. L’écriture est rythmée et l’intrigue comprend de nombreux rebondissements. Une véritable pépite qui nous pousse à la réflexion sur la vie que nous menons aujourd’hui, sur notre devoir de défendre ce que nos aînés ont durement acquis. Ce roman détient des vérités intemporelles qu’il est important de rappeler pour ne pas oublier d’où l’on vient, de nos racines qui nous ont vu grandir. Alors tenté(e)s ?
Mes extraits :
• « Chacun a sa place et chaque rôle est important. Alors, respecte celui des autres… Et même si tu habites en ville plus tard, si tu deviens institutrice ou secrétaire, la ferme, la terre, ta famille resteront toujours tes racines et celles de tes descendants. C’est dans ton sang que tu le veuilles ou non. Tu n’as pas le droit de renier la terre à qui nous devons tout, tu n’as pas le droit d’avoir honte de tes origines. Avoir honte de nous, c’est avoir honte de ce que tu es »
• « Ne gaspille pas ton temps à chercher le bonheur ailleurs qu’ici et maintenant auprès de ceux qui te sont chers »
• « J’étais lasse de toujours baisser la tête pour obtenir la paix des hommes qui prétendaient régir et juger ma vie à ma place »
• « On finit toujours par être rattrapé par sa destinée »
• « Ne t’attarde pas trop sur hier ou demain, car la vie est ici et maintenant »
• « Je ne crois pas que l’on puisse savoir où l’on va quand on n’a aucune idée d’où l’on vient »
• « « C’est le terme le plus rudimentaire de toute la langue française, si simple que les enfants l’apprennent juste après « Maman » et si compliqué qu’on a souvent peur de l’articuler à voix haute. Trois lettres sommaires qui modifient les destinées de ceux qui osent les prononcer : NON »
• « Aucun parent ne connaît vraiment son enfant. Nous sommes trop éblouis par tout ce qu’ils tiennent de nous pour prendre la peine de considérer les aspects de leur personnalité qui n’ont rien à voir avec nous ou ce que nous avons tenté de leur enseigner »
• « Elle peut compter sur ses doigts le nombre de fois où elle a pleuré dans sa vie, et pourtant, les larmes coulent derrière ses lunettes de soleil. Elle pense à son enfance envolée, aux barbecues sous le grand châtaignier, aux clafoutis dans lesquels elle retrouvait parfois un noyau oublié. Elle pense à sa grand-mère, à ses mains douces parsemées de taches. Elle pense à ses yeux espiègles, à son chignon tressé, à la cuisine qu’elle faisait si bien sans que sont jamais passée par la tête de ses petits-enfants l’idée de noter ses recettes précieuses et désormais perdues. Avant aujourd’hui, elle n’avait jamais eu conscience qu’arrive un jour où l’on n’est plus le petit-enfant de personne. On ne va jamais assez rendre visite à ses grands-parents »
• « Laisse-moi te donner un conseil, ma Biquette. Ne perds jamais ton temps à ressasser des regrets. La vie n’est qu’un court voyage en territoire inconnu. Nous empruntons une route plutôt qu’une autre, en ignorant si elle débouchera sur un paysage enchanteur ou un précipice mortel. Une fois une décision prise, la question n’est plus de savoir si elle était bonne ou mauvaise, mais de continuer à avancer sur le sentier qui est désormais le nôtre, en essayant d’éviter de reproduire les mêmes erreurs. N’attends pas la fin du voyage pour comprendre que ce qui fait la beauté du paysage, ce n’est ni la vue au sommet, si resplendissante soit-elle, ni le chemin et ses difficultés, mais principalement ceux avec qui nous décidons de l’entreprendre ; puisque le seul pouvoir incontestable que nous détenons est celui de choisir nos compagnons de route »
• « Je ne crois pas qu’il existe de bonheur plus authentique que celui d’être bien entouré »
Ma note : 10/10 💛
