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Un été dans les Hamptons – Sarah Morgan

Un été dans les Hamptons – Sarah Morgan

Quatrième de couverture :

« Ta vie, c’est un scénario de comédie romantique. »

Si la situation n’était pas si catastrophique, Felicity éclaterait de rire, tant ces mots lui semblent éloignés de la vérité. Pour elle, tombez nez à nez avec l’homme qui lui a brisé le cœur et constater que, dix ans après, il est toujours aussi sexy et hors de portée relèverait plutôt de son mauvais karma. Ne s’était-elle pas réfugiée dans les Hamptons justement pour lui échapper ? Mais, maintenant que Seth l’a retrouvée, Felicity sait qu’elle a une décision à prendre : passer sa vie à fuir ou affronter une fois pour toutes les démons de son passé…

Mon avis :

J’ai ressorti ce livre du fond de ma pile, comme s’il avait été oublié par le temps. Pourquoi maintenant me direz vous ? Parce qu’on est en été, que le ciel brille, que j’ai la chance de vivre au bord de la mer et que je peux y aller aussi souvent que je le désire et parce que j’avais envie de retrouver la plume douce et attachante de l’autrice. J’avoue que je ne savais pas trop à quoi m’attendre en décidant de me plonger dans cette histoire, mais je peux vous confier que je suis contente d’avoir suivi mon instinct.

On retrouve plusieurs histoires en une. D’abord celle de Fliss et Harriet. Deux sœurs jumelles qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau mais au tempérament diamétralement opposé. J’ai aimé découvrir leur relation. Comprendre ce qu’elles partagent, ce qui les oppose. Ce besoin de protection, et le fait qu’elles soient capable de ressentir au plus profond de leur être les maux de l’autre sans forcément être en mesure de les exprimer par des mots. Une relation fusionnelle qui évolue forcément avec le temps mais si riche.

Concernant l’histoire de Fliss et Seth, elle m’a fait profondément réfléchir. Sans trop vous en dévoiler, je l’ai trouvé émouvante. Après avoir vécu une histoire passionnelle alors que Fliss avait dix huit ans, ils se sont brutalement séparés. Dix ans ont passé sans qu’ils ne se donnent aucune nouvelle. Mais Seth souhaite enfin avoir LA discussion qu’ils n’ont jamais eu ensemble, Fliss fait absolument tout pour l’éviter.

Quand la vie fait en sorte de mettre sur votre route votre premier amour, quelle réaction avoir ? Fuir ou décider d’affronter son passé et les questions restées en suspens ? Discuter pour remettre les pendules à zéro pour repartir sur de bonnes bases ou faire comme si rien n’avait exister et nier l’évidence ? Remuer le passé peut être vital pour l’un et une vrai souffrance pour l’autre. Comment Fliss et Seth vont-ils aborder leur relation dix ans plus tard ?

Je veux découvrir ce qu’il y a entre nous, ici et maintenant

Peut-on oublier son premier amour ? Comment faire tomber les barrières érigées pour se protéger et trouver le courage d’être totalement sincère dans ses sentiments ? Peut-on reprendre une histoire là où elle s’est brutalement arrêtée sans se brûler les ailes ? Autant de questions qui m’ont profondément interpellée.

En tout cas, Fliss m’a profondément touchée par ce qu’elle a vécu dans son enfance. Avec cette carapace qu’elle s’est forgée, refoulant ses émotions. Par ses réactions de fuite, de se protéger par peur de souffrir. De laisser s’échapper son grand amour car persuadée de ne pas le mériter et de ne pas être à la hauteur. Comment aimer quand on a toujours été rejetée ? Trouvera-t-elle la force de se mettre totalement à nu, se dévoiler et se montrer sous son vrai jour, avec ses forces et ses faiblesses ?

Quant à Seth, il m’a touchée par sa maturité, sa bienveillance. Sa connaissance de celle qu’il a toujours aimée et son envie de la protéger. Sa douceur, son écoute, sa compréhension et sa patience. Un duo terriblement attachant qui réveille autant de souvenirs que de regrets. Nous rappelle à quel point nous sommes conditionnés par ce que nous avons vécu enfant, par la manière dont nous avons été éduqué. Par l’amour que nos parents nous donnent, par l’exemple qu’ils nous transmettent. Il y a des blessures qui ne se referment jamais totalement et nous fragilise. Fliss sera-t-elle capable s’ouvrir son cœur, se confier comme elle ne l’a jamais fait auparavant ?

Une histoire qui résonne. Un amour de jeunesse intense et d’une telle évidence qui finit pourtant par une séparation brutale. Quand les mots manquent et restent bloqués, que l’amour demeure inavoué même si le cœur vivre comme jamais. Apprendre à se dévoiler, prendre le risque d’aimer sans avoir peur d’être rejeté. Croire en une deuxième chance. Ouvrir son cœur et donner sa confiance.

Comme vous l’aurez compris, cette lecture ne m’a pas laissée indifférente. Un livre qui aborde les questions des erreurs du passé. Les accepter et les comprendre pour tenter de ne plus jamais les reproduire. Avoir la chance de vivre un amour si fort. Vous est-il déjà arrivé d’aimer quelqu’un sans jamais lui dévoiler vos sentiments ?

Mes extraits :

• « Je sais pourquoi tu te préserves comme ça. Tu as appris à ne jamais te mettre en situation de vulnérabilité parce que tu t’en es toujours pris plein la figure. Je sais à quel point ton père a été dur avec toi. C’est tout juste s’il ne t’a pas dressée à te forger une carapace. Et je comprends parfaitement pourquoi tu te protèges de lui. Ce que je ne capte pas, par contre, c’est pourquoi tu restais tout aussi mutique avec moi. Pourquoi tu refusais de te confier »

« Être dans une proximité comme celle que tu viens de décrire, je ne sais pas faire. Je ne sais même pas à quoi ça ressemble, ce genre de relation. Tu as appris l’amour et la confiance à travers le couple que formaient tes parents. Mais tu veux savoir ce que j’ai appris en observant les miens ? A me protéger. A faire en sorte de m’exposer le moins possible. J’ai appris que, si je gardais mes émotions pour moi, personne ne pouvait les utiliser pour me nuire. J’ai appris que les sentiments rendent vulnérable et que le fait de les exprimer te met à la merci d’autrui. Je n’ai pas su me blinder assez pour ne pas souffrir, mais j’ai été dressée à maquiller mes blessures »

• « Physiquement, on était toujours collés ensemble, oui. Mais il y a d’autres façons d’être proches. D’autres voies à suivre. Celles qui font qu’un couple restera soudé même lorsque les circonstances se compliquent. Une de ces voies, c’est la parole. Se dire les choses. Se confier »

• « Il n’y a que deux personnes qui comptent ici et ce sont celles qui sont impliquées dans cette relation. Toi et moi autrement dit. Je peux être patient. Je peux attendre pendant que tu apprends la confiance, te laisser le temps de découvrir que je ne la malmènerai pas. Mais ne laisse jamais quelqu’un d’autre décider de ce qui doit ou non se passer entre nous. Il y a toi, il y a moi, et personne d’autre »

• « Les mots qu’il aurait voulu prononcer et qu’il avait gardés pour lui. Les moments qu’il aurait voulu partager et qu’il avait passés ailleurs. La découverte implacable que la vie que l’on avait la prétention de vouloir organiser n’en faisait qu’à sa tête et que la tragédie choisissait ses victimes à l’aveugle et sans pitié. Qu’une vie qui semblait idéale pouvait basculer dans le néant d’un instant à l’autre et que le fleuve du temps ne se laissait jamais naviguer à contre courant »

• « Alors qu’ils naviguaient ensemble, son père avait observé que le choix d’un partenaire de vie était une décision majeure et lourde de conséquences. Si tu t’embarques dans cette aventure, il faut que ce soit avec quelqu’un qui a envie de s’élancer avec toi. Pas avec quelqu’un qui te tirera en arrière »

• « Cette maison est un investissement dont vous engrangerez les retours sous forme de moments privilégiés avec vos proches. Les dividendes du bonheur partagé se distribuent sous forme de souvenirs précieux, et les souvenirs ne meurent jamais. Rien ne peut nous les enlever, même pas un effondrement du marché. Emmenez votre fils faire de la voile, apprenez à surfer à votre fille, et vous leur offrirez une richesse qu’ils garderont en héritage. Un jour ou l’autre, ils quitteront leurs souvenirs avec eux. Et ça, c’est investir dans l’avenir de vos enfants »

« Quelqu’un qui a passé son enfance et son adolescence à ériger des barrières autour de lui ou d’elle pour survivre ne peut pas toujours les rouvrir sur commande. Il lui faut du temps après pour apprendre à dire les choses, à s’exposer »

• « Une vie d’homme – ou de femme – ne s’est traverse pas sans passer par l’expérience de la souffrance. Ça commence dès l’enfance et ça fait partie de notre construction en tant qu’humains. Nous apprenons à faire avec. Ce qui rend la douleur tolérable, c’est de pouvoir la partager avec ceux qui nous entourent. Ceux qui nous aiment »

Ma note : 9/10

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