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Oh happy day – Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat

Oh happy day – Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat

Quatrième de couverture :

Après quatre ans de silence et ce qu’il appelle son « grand malheur », Pierre-Marie Sotto décide d’écrire à Adeline Parmelan au sujet d’un certain carnet qu’il aurait laissé chez elle. Est-ce un prétexte pour reprendre contact avec celle qu’il n’a jamais oubliée depuis leur rupture ? En ce cas, le moment paraît très mal choisi. Occupée par son prochain déménagement vers le Canada avec l’homme qui partage désormais sa vie, Adeline a bien d’autres projets en tête que de renouer avec lui. Seulement, c’est sans compter sur le lien indéfectible qui les attache l’un à l’autre. De surprises en confidences, leur correspondance va les entraîner dans un tourbillon inattendu d’émotions.

C’est en se donnant qu’on reçoit. C’est en s’oubliant qu’on se trouve. C’est en pardonnant qu’on est pardonné. C’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie

Mon avis :

Ce livre est en fait la suite de Et je danse, aussi que je n’ai pas lu. Je tiens à préciser que oh happy day peut se lire indépendamment sans aucun problème. Ce roman épistolaire, écrit à quatre mains, fut un joli moment de lecture. J’ai aimé cette histoire où l’on se pose la question d’accorder ou non une seconde chance en amour.

Pierre-Marie et Adeline, les personnages principaux, ont vécu une belle et forte histoire d’amour qui s’est interrompue brutalement il y a quatre ans. Adeline a refait sa vie, s’est mariée avec Ben et part s’installer à Toronto avec le nouvel homme de sa vie. Sous prétexte d’avoir oublié un carnet chez elle, Pierre-Marie décide de reprendre contact avec celle qu’il ne parvient pas à oublier. Un fil invisible demeure entre eux et le manque se fait ressentir. Chamboulée par ce mail, elle lui raconte sa nouvelle vie et ses projets.

Malgré une rupture douloureuse, qui a laissé une trace dans leur cœur, un lien puissant demeure entre eux. On sent d’abord Adeline sur la réserve, pour se protéger de la trahison de Pierre-Marie. Ils vont trouver le courage, l’un et l’autre, d’abandonner les non-dits, de partager leurs émotions enfouies et de se confier leurs drames les plus intimes. Ils vont se révéler plus vrais que jamais, dévoilant leur fragilité, ainsi que leurs peurs. Grâce à leurs aveux touchants, ils comprennent qu’ils peuvent toujours autant compter l’un sur l’autre. Cette présence, tout en étant éloignés, leur apportera l’assurance dont ils ont tant besoin pour se retrouver .

Ils partagent un même drame et c’est leur douleur qui les réunit. Ils se comprennent. Quand on partage des émotions aussi fortes, le lien se révèle indestructible. Leur attachement est viscéral. Ils se livrent entièrement, avec sincérité, sur leurs peines et leurs joies. Leurs confidences sont, tour à tour, émouvantes et drôles mais toujours vraies. Ils ont besoin l’un de l’autre, même à distance. Ce lien les rassure.

C’est une histoire mêlant à la fois la douleur, la perte, les mensonges, la trahison, l’amour et le pardon. Des sentiments universels où l’on peut tous se reconnaître très fortement.

On peut accumuler les erreurs, les mauvaises rencontres, douter de soi. Mais en acceptant de se retrouver seul face à soi-même, faire le vide, s’écouter, se recentrer et réfléchir, on peut aussi continuer de croire qu’il existe de bonnes personnes, prêtes à tout pour nous aider, nous défendre et nous sauver.

En osant briser les murs qui les emprisonnent, en écoutant et suivant leur intuition, Pierre-Marie et Adeline sauront-ils s’accorder une seconde chance ?

Ce que je retiendrai de cette histoire, c’est que deux personnes abîmées par la vie peuvent se croiser, se confier, s’aimer tellement fort. Même si elles ne sont pas indemnes, elles sont libres de vouloir dévorer l’existence avec une envie débordante et qu’après avoir vécu tant de drames, elles ne veulent remplir leur vie que de joie. Il n’est jamais trop tard pour être heureux !

Mes extraits :

« Pour commencer, tu dois savoir ceci : j’ai déserté ta vie parce que j’étais mal. Pas à cause de toi. Toi, tu as été parfaite. Aucun homme n’aurait pu souhaiter avoir mieux que ce que j’avais »

« Tu me demandes la véritable raison pour laquelle je t’ai envoyé ce mail. C’est parce que je ne supportais plus le silence entre nous »

« Je ne peux pas te cacher plus longtemps ce qui est arrivé il y a quatre ans. Ce ne serait pas honnête parce que, si nous devons garder intact et vrai ce lien qui existe entre nous, tu as le droit de savoir qui je suis devenu »

« On ne fait pas grandir l’amour sur le vide laissé par d’autres »

« Je ne suis pas guérie parce que j’ai du mal à dire ce qui me ronge et m’obsède »

« On peut détruire une personne sans la toucher »

« Ne pas chercher à parler, ni à argumenter, ni à se justifier. Juste revendiquer ce droit inattaquable : je suis libre et je pars »

« Il faut toujours le dire aux gens, qu’on les aime et qu’on les trouve formidables »

« Il se rendit compte qu’en réalité il crevait de jalousie depuis quatre jours. Qu’elle partage encore son lit avec cet homme, il pouvait l’accepter, cela lui valait juste une vague crampe à l’estomac, mais qu’elle partage avec lui les souvenirs, la tendresse, le rire, les secrets et les larmes, ça lui était parfaitement insupportable »

« Je pensais à eux, à nous, à nos séparations, nos retrouvailles, à ce gâchis qu’on fait parfois par bêtise, alors qu’au bout du compte il ne restera que l’amour qu’on avait les uns pour les autres et qu’on aura eu si peu de temps pour vivre »

« Rebâtir sa vie ne pouvait se faire sur les sables mouvants des non-dits. Elle avait un devoir d’honnêteté envers elle-même et envers les autres »

« S’écrire est une chose, mais entendre le souffle de l’autre, le grain de sa voix, sa douceur, son inquiétude, son désir….Entendre « je suis là pour toi ». Entendre « je t’attends ». Chaque mot avait la force d’une promesse, celle de tout recommencer, de tout réparer. Elle avait peur d’y croire à nouveau mais c’était précisément ce qui lui donnait des ailes »

Ma note : 8/10

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