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Les Demoiselles – Anne-Gaëlle Huon

Les Demoiselles – Anne-Gaëlle Huon

Quatrième de couverture :

« Il n’y a que trois règles ici, Rosa. La première : ne jamais tomber amoureuse. La deuxième : ne jamais voler l’homme d’une autre. La dernière : ne boire que du champagne millésimé »

Seule l’une de ces trois règles sera respectée.

J’avais quinze ans quand j’ai pris la route ce matin-là, et une seule idée en tête : rejoindre le Pays Basque, devenir couseuse d’espadrilles, et échapper à mon destin. Jusqu’à ce que je rencontre les Demoiselles. Des femmes fantasques et mystérieuses vivant au milieu des livres, des jarretières et des coupes de champagne. Qui étaient-elles ? Quel secret cachaient-elles ? Libres et incandescentes, accompagnées d’un majordome plus grand qu’une cathédrale, d’un chauffeur louche et d’un perroquet grivois, les Demoiselles n’auraient jamais dû croiser ma route. Pourtant, ces femmes ont changé ma vie.

Mon avis :

Anne-Gaëlle Huon nous offre un livre éblouissant sur le monde des années folles, entre vie parisienne loufoque et sulfureuse, ainsi que le retour au calme après avoir goûté à la frénésie de la capitale. Les femmes s’émancipent, cherchent du travail et ont soif de liberté. On va assister à la naissance de la mode avec des clins d’œil à de grands noms qui ont participé à l’histoire. Un univers très féminin avec des personnages qui mettent à l’honneur des femmes d’exception.

Rosa, jeune fille espagnole qui vit dans la précarité, décide d’entraîner sa sœur aînée de l’autre côté des Pyrénées, afin de gagner suffisamment d’argent pour aider sa grand-mère à vivre plus dignement. Un voyage clandestin, en compagnie d’autres hirondelles, aux beaux jours du printemps, et qui souhaitent se constituer un trousseau. Une arrivée à Mauléon, la dure réalité du travail qui met en concurrence françaises et espagnoles.

Rosa va devoir affronter la brutalité de la vie, la méchanceté des uns et des autres, la dureté des journées de travail dans les ateliers de couture pour un salaire bien maigre. Mais elle va surtout se vouer corps et âme au monde des espadrilles et laisser sa créativité s’exprimer en totalité.

Elle va rencontrer, de manière totalement inattendue, les Demoiselles qui vont lui ouvrir les portes de leur maison et leur cœur de manière très généreuse. A leur contact, elle va prendre confiance en elle, s’ouvrir à la culture, découvrir une vie qui lui était inconnue et interdite.

Des rencontres décisives qui vont l’aider à s’affranchir, être libre et oser prendre ses propres décisions pour aller de l’avant. Jeune femme douée, Rosa va se révéler ambitieuse et mettre toutes les chances de son coté pour connaître la réussite. Un chemin long, tortueux, semé d’embûches et d’épreuves. Mais toujours dans le respect le plus total des personnes rencontrées. Et une solidarité entre ces femmes d’un courage admirable.

Rosa, qui possède une si belle âme, va connaître une vie riche de rencontres, d’amitiés très fortes et influentes. Parviendra-t-elle a réaliser de grandes choses dans le monde impitoyable de la mode ? Son talent sera-t-il reconnu ? Saura-t-elle laisser la place à l’amour dans sa vie dévouée aux espadrilles ?

J’ai vraiment apprécié cette immersion au cœur du Pays Basque, découvert le succès des espadrilles et l’importance que cette chaussure confortable a joué à cette période. Aimé cette période où les femmes ont osé prendre le pouvoir, riche de leur nouvelle liberté gagnée si chèrement.

Un livre magnifique qui met à l’honneur le courage des femmes, la tendresse infinie qui a uni nos chères Demoiselles. Des femmes aux qualités de cœur indéniables. Un monde qui m’était totalement inconnu et que j’ai aimé découvrir grâce à l’auteure qui a réussi, avec talent et générosité, à nous faire entrer dans ce monde à la fois léger, pétillant, avec un certain grain de folie. Une écriture explosive et remplie de vie.

Une invitation à découvrir ce si beau Pays Basque, riche de traditions et savoir-faire. Merci Anne-Gaëlle pour nous offrir, à chaque fois, des personnages hauts en couleur, aux personnalités fortes qui les rendent si attachants. Une lecture qui s’est révélée passionnante pour moi.

Une lecture addictive, à découvrir….une flûte de champagne à la main !!!!!!!

Quand un livre commence ainsi, je ne peux qu’aimer…

Mes extraits :

• « Les hirondelles bavardaient, les traits tirés. Les journées étaient longues. De sept heures du matin à sept heures du soir. Six jours par semaine. Après l’usine, la plupart travaillait encore pour gagner davantage. Chacune son histoire, mais une seule règle : accepter les tâches les plus difficiles et ne jamais se plaindre »

• « J’avais besoin que quelqu’un me prenne dans ses bras, me rassure. J’aurais donné n’importe quoi pour me blottir contre Abuela. Elle me manquait terriblement »

• Les promesses des hommes n’engagent que celles qui les aiment »

• « Tu peux faire tout ce dont tu rêves Paloma. Les destin, ce n’est pas une question de chance. C’est une question de choix »

• « Tu peux être l’esclave de tes passions, mais jamais d’un homme, sermonnait Vera. Notre liberté est fragile. Le cœur ne doit pas s’en mêler »

« La vie a continué. Elle continue toujours. Les semaines suivantes, les Demoiselles ne m’ont posé aucune question. Elles ont accepté mes silences et mon chagrin. Avec la patience de celles qui aiment sans rien attendre en retour. Avec l’expérience de celles qui ont enduré des drames »

• « Apparemment, elle avait décidé d’en profiter. En ça, elle a bien raison, on n’a jamais vu un coffre-fort suivre un corbillard, pas vrai ? »

• « Demander de l’aide ne fait pas de toi quelqu’un de faible m’a lancé Lupin un matin que je ruminais sur mon avenir. Seulement quelqu’un qui veut devenir plus fort »

• « Nous avions appris qu’un client qui parle est toujours plus intéressant qu’un client muet. L’écoute est la première des qualités. Et pas seulement en amour »

• « il fallait recruter. Mais pas n’importe qui. L’espadrille m’avait sauvée. Les Demoiselles m’avaient tendu la main. Il n’était plus question de coudre des espadrilles. L’atelier des Hirondelles s’accompagnait d’une mission. Il était temps d’aider à mon tour »

• « La vraie famille est celle que l’on se choisit pour soi-même »

Ma note : 9/10

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