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La vie est un roman – Guillaume Musso

La vie est un roman – Guillaume Musso

Quatrième de couverture :

« Un jour d’avril, ma fille de trois ans, Carrie, a disparu alors que nous jouions toutes les deux à cache-cache dans mon appartement de Brooklyn.»

Ainsi débute le récit de Flora Conway, romancière renommée à la discrétion légendaire. La disparition de Carrie n’a aucune explication. La porte et les fenêtres de l’appartement étaient closes, les caméras de ce vieil immeuble new-yorkais ne montrent pas d’intrusion. L’enquête de police n’a rien donné. Au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, un écrivain au cœur broyé se terre dans une maison délabrée. Lui seul détient la clé du mystère. Et Flora va le débusquer.

Mon avis :

Une lecture en trois actes où nous découvrons, dans un premier temps, la vie de Flora Conway. Cette écrivaine galloise a perdu sa fille et personne ne parvient à expliquer cette mystérieuse disparition….sauf peut-être Romain Ozorski.

Romain, un romancier français à succès, vit les heures les plus sombres de sa vie lorsque sa femme lui annonce qu’elle souhaite divorcer et partir vivre aux États-Unis avec leur fils Théo.

Alors que Flora vit à New York et Romain à Paris, alors qu’ils ne se connaissent pas et ne se sont jamais rencontrés, leur histoire est peut-être liée. Leurs vies semblent se refléter et d’étranges similitudes vont apparaître.

Guillaume Musso aborde une nouvelle fois le monde de l’édition, souvent impitoyable et distille des réflexions sur la vie des écrivains. Discrètement et à demi mots, il évoque, entre autres, la pression mise sur les auteurs d’écrire un livre par an, sans tenir compte ni des difficultés d’inspiration ni de celles pouvant apparaître dans la vie personnelle. Mais lorsque la fiction rattrape la réalité, nous comprenons alors tout l’art du métier d’écrivain et le talent nécessaire à l’écriture.

L’auteur parle également de la frontière si mince entre le monde imaginaire et réel. Il confie le long travail de création des personnages, à l’aide de fiches biographiques très détaillées. Il décrit le pouvoir de l’écrivain d’inventer la vie de ses protagonistes, de détenir l’avenir qu’il souhaite leur offrir. Tel un magicien, il possède la clé de leur existence et peut la manipuler entièrement à sa guise. Derrière son écran, l’écrivain se permet de jouer et de transformer la vie des acteurs de son livre en nous offrant des rebondissements si inattendus. Il est seul maître à bord, à condition de ne pas se laisser submerger par ses personnages qui existent seulement dans sa tête mais peuvent parfois se transposer à un événement vécu personnellement.

Guillaume Musso nous entraîne dans son sillage et nous fait ainsi descendre en sa compagnie au trente sixième sous-sol, dans les profondeurs de la création littéraire, cet endroit où l’auteur puise au plus profond de lui-même son inspiration, sa source de créativité et son audace.

Malgré une écriture intéressante, je n’ai cependant pas réussi à m’attacher aux personnages de l’auteur et je n’ai pas spécialement adhéré au message qu’il a voulu transmettre. Je n’y ai pas appris grand chose de nouveau et n’ai pas forcément compris où l’auteur voulait nous emmener. Moi qui ai énormément apprécié la vie secrète des écrivains, j’ai eu cette fois ci beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire. J’ai bien sûr aimé les petites citations d’auteurs célèbres à chaque début de chapitre, les nouveaux clins d’œil au monde de l’édition et aux éléments qui se rattachent à la vie des écrivains. Mais j’ai moins accroché au fil conducteur de l’histoire.

Pour ceux qui ont déjà lu le livre ou à l’attention de ceux qui souhaitent le découvrir par eux-mêmes, j’attends vos commentaires concernant cet ouvrage. Hâte de lire vos avis.

Mes extraits :

« Comment osait-elle penser que je pourrais me remettre à travailler en un claquement de doigts ? Il faut une énergie hors du commun pour écrire. Une force physique et mentale. Or, mon navire prenait l’eau de toute part. Écrire un roman nécessite de descendre profondément en soi. Dans un endroit obscur que j’appelle le trente-sixième sous-sol »

• « Un roman réussi, c’est d’abord un roman qui rend heureux celui qui le lit. Avoir une bonne histoire et de bons personnages, ce n’est pas suffisant pour réussir un roman. Il faut aussi être dans un moment de votre vie où vous allez pouvoir en tirer quelque chose »

• « Vos romans ne sont pas généreux parce que vous ne pensez pas aux lecteurs. Au plaisir qu’apporte la lecture. A cette sensation unique qui s’empare de vous lorsque vous avez hâte de rentrer chez vous le soir pour retrouver un bon roman »

• « Je vais vous dire quelque chose, Ozorski. Vous pouvez peut-être supprimer le fichier de votre ordinateur, mais vous ne pourrez pas le supprimer de votre tête »

• « La lutte collective me semblait souvent vaine. En tout cas, j’avais du mal à y trouver ma place. Surtout, le groupe me faisait peur. J’étais de l’école de Brassens : dès qu’on est plus de quatre, on n’est qu’une bande de cons. Les comportements moutonniers me consternaient, la meute me faisait horreur »

• « Sa sensibilité extrême le tuait à petit feu. Un nom de plus sur la longue liste des victimes de la malédiction des gentils, cette loi impitoyable qui brisait ceux qui n’étaient pas armés pour affronter la férocité et le cynisme »

« Peu à peu, j’ai fini par capituler et par admettre que j’étais amoureuse de lui. Oui, la vérité, c’était que je vivais avec lui le genre d’histoire qui vous marque au fer rouge. Et au moment même où je vivais cette passion, je savais déjà que plus jamais dans ma vie je n’éprouverais de sentiments aussi forts »

• « A quoi servent les livres s’ils ne nous ramènent pas vers la vie, s’ils ne parviennent pas à nous y faire boire avec plus d’avidité ? »

• « Flora et moi sommes de faux faibles. C’est-à-dire, des vrais durs. Oui, voilà ce que nous savons faire le mieux : endurer. Lorsqu’on nous croit noyés, nous allons chercher en nous la force de donner le coup de talon qui nous ramènera à la surface. Même terrassés sur le champ de bataille, nous avons toujours placé nos pions pour qu’in extrémis quelqu’un vienne nous relever. C’est en nous, les romanciers. Parce que écrire de la fiction, c’est se rebeller contre la fatalité de la réalité »

Ma note : 6/10

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