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La ballerine de Kiev – Stéphanie Perez

La ballerine de Kiev – Stéphanie Perez

Coucou tout le monde. J’espère que vous allez bien. Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler de ce roman COUP DE COEUR 💛🩵aussi puissant que magnifique. Une lecture où je n’ai pu retenir mes larmes. Je l’ai découvert en LC avec le bookclub @la.pause.litteraire avec la présence de l’autrice dans notre groupe de discussion. C’est tellement magnifique de pouvoir échanger, partager nos avis au fur et à mesure de notre avancement – en moyenne cinquante pages lues chaque jour – et de poser des questions à Stéphanie 🙏

Un récit très intimiste, où l’autrice aborde le conflit russo-ukrainien, à travers le prisme de l’art et de la danse. On découvre l’histoire de Svitlana et de Dmytro un couple d’étoiles amoureux à la ville comme à la scène. Lorsque la guerre éclate en ce 24 février 2022, elle fait basculer l’avis des civils en une fraction de seconde. Ils n’ont pas choisi la guerre, mais plutôt que de la subir, ils ont décidé d’unir leurs forces, prêts à tous les sacrifices pour sauver leur nation.

Entre la vie et la mort, l’espoir et le désespoir, on découvre des existences qui ne tiennent plus qu’à un fil. Le cœur déchiré, le peuple ukrainien lutte chaque jour pour préserver la liberté des générations à venir et défendre leur identité. Avec dignité, chacun tente d’apporter à sa manière, une pierre à l’édifice, défendant sa patrie avec amour, courage et détermination, refusant les assauts de l’envahisseur. Tout en apprivoisant la peur, l’absence, la solitude, la vulnérabilité et la méfiance, car la guerre bouleverse les certitudes et anciennes rivalités.

« Il faut encore porter en soi le chaos pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante » – Nietzsche 

Un pays meurtri, qui affiche une volonté de fer, s’accroche à la moindre occasion de faire fleurir le moindre sourire sur les visages ravagés. Sans jamais s’attarder sur leurs états d’âme, la rudesse de la vie ayant façonné une carapace de protection. Un dernier fragment d’humanité, en partageant une amitié précieuse, une solidarité indispensable. La promesse de se battre, de ne jamais céder à la résignation et de lutter jusqu’à leur dernier souffle. Faire triompher la vie coûte que coûte et renaître de ses cendres.

Un roman à découvrir absolument, que j’ai envie de mettre entre toutes les mains pour ne pas oublier les désastres d’une guerre. Un soutien au peuple ukrainien 🇺🇦

Êtes-vous tentés par ce roman ? Si vous l’avez déjà lu, qu’en avez-vous pensé ?

Je vous l’habite une belle et douce soirée, prenez soin de vous 🫶

𝐶𝑒́𝑙𝑖𝑛𝑒

Mes extraits :

• « Elle respire profondément, fait place au Lac des cygnes, note le son intérieurement. Ne plus entendre le ciel qui tambourine, se concentrer sur les accords, laisser la musique agir comme un pansement. Les premières notes exercent leur effet thérapeutique dans son esprit, ses muscles commencent à se relâcher »

• « Tant que l’on n’est pas confronté à la nécessité d’un choix existentiel, on ne sait pas comment on va réagir »

• « Partir, c’est sauver sa peau. Mais aussi céder face à l’effroi, abandonner son pays »

• « On doit tous s’entraider. C’est assez philosophique ce que je vais te dire, mais c’est notre humanité qui va nous sauver »

• « Le peuple a besoin d’une thérapie de l’âme »

• « Lui, le danseur étoile capable d’exprimer tant d’émotions et de sentiments avec son corps, a bien du mal à trouver les mots et se sent démuni. Que dit-on à un danseur qui ne dansera plus ? »

• « Elle hume l’odeur de son torse contre le sien, en fermant les yeux, pour s’en imprégner et ne pas l’oublier. Ils esquissent quelques pas timides, en symbiose, comme avant, glissent à l’unisson, au ralenti. La même symphonie intérieure les guide, à leur rythme, celui de leurs années partagées, de leurs espoirs communs, de leur avenir incertain »

• « L’art et la culture peuvent-ils vraiment rester au-dessus des clivages politiques ? C’est tout le dilemme enfoui en chacun d’entre eux »

• « Poutine partira, Tchaïkovski restera. Et ce n’est pas parce qu’on l’écarte de notre répertoire qu’on gagnera la guerre »

• « Les artistes ont-ils vraiment le pouvoir de s’élever au-dessus de la barbarie ? Dans la salle aux grands miroirs, Oleksii assiste au désarroi de ses danseurs, et peine parfois à trouver les mots pour les convaincre. La culture est l’un des piliers de l’identité nationale. Se battre pour elle, c’est empêcher les Russes de la nier »

• « Dans le sous-sol de l’hôpital, elle danse et elle oublie le temps. La confrontation de son corps parfait à ceux, meurtris, de spectateurs, la bouleverse. La ballerine apprécie de plus en plus ces parenthèses, ces moments de beau qui luttent pour se faire une place au cœur de la destruction. Le seul espoir qui lui reste, c’est son humanité »

• « Elle en veut à Valentina et à ceux qui se sont enfuis. Si tout le monde avait agi comme eux, leur pays serait aux mains de l’ennemi. Pour que les autres restent vivants, il faut parfois payer de sa propre vie »

• « N’oubliez pas. Chacun d’entre nous, nous résistons à notre façon. Quand on rentre en résistance, on ne sait pas quand la vie s’arrêtera, néanmoins on peut sentir quand elle a du sens »

• « Notre art est devenu politique, Sveta. Si tu abandonnes, tu leur donnes raison, tu leur laisses la place. C’est à nous de défendre notre culture, notre histoire, nos valeurs »

• « On pensait à avoir un enfant, bien sûr. On se disait qu’on avait le temps. Notre priorité, c’était la danse. On avait tellement travaillé et la carrière d’une ballerine est courte. Si j’avais su, je n’aurais pas attendu. On n’imaginait pas que tout pouvait s’arrêter comme ça, du jour au lendemain. C’était impensable… »

• « Il ne faut pas regarder ce qui te manque, mais ce qui te reste »

Ma note : 10/10

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