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L’allégorie des truites arc-en ciel – Marie Christine Chartier

L’allégorie des truites arc-en ciel – Marie Christine Chartier

Coucou tout le monde. Je vous retrouve pour vous parler de ce roman rafraîchissant, paru aux Éditions Le Soir Venu. J’ai eu le bonheur de le découvrir en LC organisée par @livraisondemots 🩵 avec la présence de l’autrice 🙏🏻

Max et Cam se connaissent depuis quelques années. Et on peut dire qu’entre eux, ça a été le coup de foudre immédiat. D’abord amical avec une complicité naturelle et une connexion évidente. Leur histoire nous interroge sur l’infime frontière qu’il existe parfois entre l’amitié et l’amour.

Dès les premières pages, on ressent cette électricité dans l’air, ce désir constant mais retenu, cette tension amoureuse toujours palpable. Cette envie mêlée à cette crainte de franchir cette ligne interdite. Les questions qui se posent sans oser affronter l’évidence des réponses. Les cœurs qui s’embrasent, les corps qui tremblent, les yeux qui se baissent et cette gêne qui s’installe progressivement mais ce besoin d’être l’un avec l’autre. Le bonheur peut être sous nos yeux mais pourtant, on le contourne. Quitte à s’etourdir dans des histoires sans lendemain et sans signification. Juste par peur de se confronter à la vérité des sentiments. Tout en nourrissant le secret espoir de suivre un jour son cœur. Quand on parle de contradictions 😂

Trop d’hésitations qui freinent et empêchent de trouver le bon moment de se lancer dans le grand bain de l’amour. On s’élance puis on recule, on trébuche, on fait preuve de maladresses. Ce n’est jamais simple de 𝑡𝑜𝑚𝑏𝑒𝑟 𝑒𝑛 𝑎𝑚𝑜𝑢𝑟, et peut-être encore plus lorsque la peur nous empêche d’agir. Celle d’échouer, de blesser, de perdre celui ou celle que l’on aime secrètement depuis le premier jour où nos yeux se sont posés sur lui ou elle en se disant que c’est l’amour de notre vie, de décevoir, de tout gâcher et de perdre cette relation si précieuse.

On avance à leurs côtés en découvrant la naissance de leur amitié, leurs doutes, leur passé, leurs insécurités et leurs blessures. Celles qui influencent chacune de leurs décisions et leur font fuir ce bonheur de peur qu’il ne leur échappe.

❓Et vous, croyez-vous en l’amitié hommes/femmes ?

Mes extraits :

• « C’est peut-être aussi une grande erreur, mais je ne suis absolument pas prête à sacrifier tout ce qu’il y a de fort dans notre relation pour le bourgeon d’un bonheur hypothétique »

• « Il est tout près maintenant, trop près. Trop loin, aussi. Cela a toujours été ainsi avec lui. Le désir de l’avoir contre moi, pour moi, à moi, tout en sachant qu’il valait mieux le garder à une distance respectable pour ne pas le perdre »

• « Désirer quelqu’un, c’est hors de notre contrôle. C’est la chimie des corps, l’instinct primal. Mais aimer quelqu’un implique qu’on a passé assez de temps avec la personne pour la connaître réellement, pour savoir qu’on la veut plus que pour ses seins, ses fesses oh ses jambes. On veut son essence. Et connaître l’essence de quelqu’un prend du temps »

• « J’étais volage, insouciant. Elle m’a changé. Elle m’a donné envie de prendre racine, je suis devenu un arbre. J’ai oublié de me souvenir qu’elle était un oiseau »

• «  Tu as toujours pensé à elle comme une amie ? Tu ne t’es jamais demandé comment ce serait si tu posais tes mains sur elle ? Quand elle vient à toi pour célébrer une bonne nouvelle, tu n’as jamais envie de l’embrasser ?Quand elle est triste, tu n’as pas envie de passer tes doigts dans ses cheveux, sur son corps, jusqu’à ce que ça passe ?Tu ne t’es jamais dit, pendant un rendez-vous avec une fille, qu’elle était bien, mais que Cam était mieux ? »

• « Vous aimez vous convaincre que vous protégez votre amitié en agissant comme ça, mais êtes-vous vraiment heureux ? »

• « Au fond. Je ne suis peut-être pas mieux que ma soeur. Elle a essayé de se guérir de son manque en s’entourant d’une foule d’amis, en voyageant sans cesse d’un pays à l’autre, d’un travail à l’autre, afin de ne pas avoir à se retrouver toute seule avec sa douleur. Moi, je reste ici, tout en fuyant aussi, à ma manière, en évitent de me poser les questions qui pourraient me faire mal »

• « C’est juste que tu me reproches depuis des années de fuir. Je ne sais pas si c’est vrai, peut-être bien. En tout cas, moi, ça me rend heureuse de bouger, de voyager. Puis il y a plusieurs façons de fuir dans la vie. Certains vont à l’autre bout du monde, d’autres restent sur place. Ce n’est pas parce que tu ne bouges pas que tu ne fuis pas, tu sais »

• « Je pense qu’à force d’être blessée après m’être montrée vulnérable, j’ai décidé inconsciemment que c’était plus facile d’être dure. Que les seules personnes qui verraient mon côté plus doux seraient celles qui avait fait leurs preuves, celles à qui j’aurais décidé de faire confiance. Le problème avec ça, c’est que j’oublie parfois qu’il y a des gens avec qui je n’ai pas besoin de me protéger »

« Tu vas passer une sorte de cap. La douleur sera moins vive. Plus comme un mal de dents qu’un coup de couteau. Quelque chose de lancinant, mais d’endurable. Et un jour, tu vas t’apercevoir que ça fait un bout de temps que tu n’y as pas pensé. Et que, quand tu y penses, ça ne fait plus aussi mal. Tu sais… perdre quelqu’un, c’est comme survivre à une amputation. Tu n’as pas le choix d’apprendre à vivre sans là partie de toi qui manque »

Ma note : 9/10

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