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Le groupe – Isabelle Lagarrigue

Le groupe – Isabelle Lagarrigue

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Voici l’un des messages puissants de ce roman qui m’a littĂ©ralement chamboulĂ©. Isabelle Lagarrigue est une auteure que j’aime profondĂ©ment. Parce que sa plume est douce, sensible, humaine et bienveillante. Elle possĂšde le don de parler de sujets dĂ©licats avec Ă©normĂ©ment de lumiĂšre et une empathie tellement rare. Il y a des choses qui ne s’expliquent pas mais se ressentent. Il y a des romans qui marquent une vie et ceux d’Isabelle en font indĂ©niablement partie.

Un roman psychologique d’une rare puissance et intensitĂ© Ă©motionnelle, d’utilitĂ© publique, pour que les blessures morales ne soient plus jamais un sujet tabou. Qu’elles fassent l’objet d’une prise en charge et qu’elles soient reconnues. Que des groupes de parole voient le jour pour libĂ©rer ces douleurs invisibles qui emprisonnent.

« Le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacitĂ© de la vaincre Â»

Ils s’appellent Janice, Lexie, Aaron. Ils ont 21 ans, 19 ans et 20 ans. Ces jeunes adultes ont causĂ©, enfants, la mort de quelqu’un sans l’avoir voulu. Aux États-Unis, on les appelle des đ—”đ—°đ—°đ—¶đ—±đ—Čđ—»đ˜đ—źđ—č đ—žđ—¶đ—čđ—čđ—Č𝗿𝘀. Ils participent Ă  un programme expĂ©rimental sur un campus californien. Pour libĂ©rer la parole, accepter ses Ă©motions, se dĂ©faire de ce sentiment de honte et culpabilitĂ© qui isole, enferme dans une profonde solitude et empĂȘche de vivre pleinement. DĂ©couvrir le pouvoir du pardon et trouver le chemin pour se rĂ©concilier avec eux-mĂȘmes. Faire preuve de rĂ©silience. Comme un roseau qui plie sans jamais se rompre pour mieux se relever.
Ava, une jeune française, observe ce groupe dans le cadre de ses études de psychologie.

Ces personnages en quĂȘte de rĂ©demption, de rĂ©paration m’ont touchĂ©e en plein cƓur. Ils se dĂ©battent avec des si et encore des si. Une souffrance trop lourde Ă  porter lorsqu’on ne peut la partager. Tout l’intĂ©rĂȘt de ce Groupe qui offre une Ă©coute attentive, un soutien indispensable. Pour faire la paix avec ce passĂ© inoubliable dont il faut tirer une force. Trouver la clĂ© en soi pour se battre et transformer sa douleur et retrouver l’envie de vivre. J’ai Ă©tĂ© si touchĂ©e de voir ces jeunes briser leurs carapaces, se montrer tels qu’ils sont avec leur vulnĂ©rabilitĂ© et ouvrir leur cƓur. Voir ces liens si prĂ©cieux naĂźtre, ces mains tendues pour sortir d’un cercle vicieux qui dĂ©truit Ă  petit feu. Se mettre Ă  nu, dĂ©voiler nos blessures intimes et faire face au silence.

Chaque humain mĂšne un combat intĂ©rieur dont le reste du monde ignore l’intensitĂ©

On peut souvent se cacher derriĂšre un sourire et ne montrer de nous qu’une partie infime de ce que nous sommes. Par peur d’ĂȘtre jugĂ©s, moquĂ©s. Peur de ne pas ĂȘtre aimĂ©s Ă  sa juste valeur. Seul face Ă  soi-mĂȘme et aux regards accusateurs.

Un roman qui explore la culpabilitĂ©, la honte, les traumatismes, le dĂ©ni mais aussi l’espoir. Une lecture bouleversante portĂ©e par la plume sensible, dĂ©licate, lumineuse et empathique de l’auteure. Je suis Ă  nouveau totalement conquise.

« Pardonner, c’est rendre sa libertĂ© Ă  un prisonnier et se rendre compte que le prisonnier, c’était vous Â» – Lewis B Smedes

Un roman COUP DE COEUR Ă  dĂ©couvrir absolument 💛 A offrir sans modĂ©ration autour de soi pour montrer qu’il ne faut pas s’enfermer dans sa douleur, accepter de se faire aider, donner sa confiance. Apprendre Ă  se mettre Ă  la place de l’autre pour essayer de comprendre ce qu’il ressent. Chacun avance Ă  son rythme et avec ses propres moyens.

Un roman dĂ©couvert en LC avec la prĂ©sence de l’auteure. C’est un moment si particulier de dĂ©couvrir un roman avec d’autres lectrices passionnĂ©es, exprimer ses ressentis et toutes les questions qui traversent notre esprit. Isabelle a Ă©tĂ© trĂšs prĂ©sente dans ce groupe de lecture. Avec beaucoup de gĂ©nĂ©rositĂ© et sincĂ©ritĂ©, l’auteure s’est confiĂ© sur ce qui l’a amenĂ© Ă  Ă©crire sur ce sujet, son attachement viscĂ©ral Ă  ses personnages qu’elles travaillent avec une analyse fine et dĂ©taillĂ©e d’une psychologue, son processus d’écriture, ses recherches sur le sujet.

Mes extraits :

‱ « Les accidental killers taisent leur souffrance. La honte et la culpabilitĂ© les empĂȘchent de tĂ©moigner. C’est un sujet tabou Â»

‱ « Ils sont responsables. Ces accidents ont eu lieu, mais ce qui s’est passĂ© n’est pas de leur faute. Ils n’ont pas fait en sorte que ça arrive. Ils peuvent assumer la responsabilitĂ© sans que cela fasse d’eux des coupables Â»

‱ « Si ça n’a aucune importance dans cinq ans, ne passe pas plus de cinq minutes Ă  te prendre la tĂȘte dessus Â»

‱ « Je sais que tu t’en sors plus facilement si tu peux t’appuyer sur des tuteurs solides qui t’ont pardonnĂ© avant mĂȘme que toi tu ne l’aies fait. Ce sont eux qui peuvent te permettre de pousser droit Â»

‱ « C’est une douleur indescriptible de faire du mal Ă  quelqu’un sans l’avoir voulu. On se sent coupable et on a honte Â»

‱ « Pour moi, il y a trois conditions pour se reconnecter Ă  soi : la premiĂšre est de reconnaĂźtre sa responsabilitĂ©. La deuxiĂšme est la compassion. Nous pouvons la recevoir d’autrui et nous pouvons aussi nous l’offrir. Notre douleur est la preuve de notre humanitĂ©. La troisiĂšme est la communautĂ©. Nous avons besoin du soutien des autres. Nous devons rĂ©parer le mal que nous avons fait, d’une façon ou d’une autre, en faisant de notre mieux pour rendre le monde meilleur Â»

‱ « L’oubli n’est jamais une option pour un accidental killer. Il y aura toujours quelqu’un ou quelque chose pour le ramener Ă  ce qu’il voudrait laisser derriĂšre lui Â»

‱ « Personne n’a le droit de vous empĂȘcher de croire en vous et en vos rĂȘves, aucun passĂ© ne justifie qu’on vive Ă  moitiĂ©. Aucune vie Ă  moitiĂ© ne mĂ©rite d’ĂȘtre vĂ©cue Â»

‱ « Je vais devoir vivre avec toutes ces questions jusqu’à la fin de ma vie. J’ai deux options, soit je laisse la douleur me bouffer, soit je prends le dessus. Et tu sais quoi, la solution la plus facile serait de ne pas me battre. Ce serait tellement plus simple. La moindre des choses que je puisse faire et de vivre la vie que je lui ai volĂ©e. Je lui dois ça Â»

‱ « On ne peut pas changer notre passĂ© mais on peut s’en servir pour modifier notre futur Â»

‱ « Il n’y a pas de solution miracle pour dĂ©passer un trauma ni de timing. Chacun l’affrontera Ă  sa maniĂšre et Ă  son rythme. Ce qui fonctionnera pour l’un ne marchera pas forcĂ©ment pour l’autre. Certains iront plus vite. Certains penseront qu’ils l’auront dĂ©passĂ©, alors que c’est peut-ĂȘtre le contraire. D’autres n’y arriveront pas et c’est OK aussi. Continuer Ă  vivre aprĂšs ça, avec ça, c’est dĂ©jĂ  une bataille de tous les jours Â»

Ma note : 10/10

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