Coucou tout le monde. J’espère que vous allez bien. Je suis ravie de vous retrouver pour vous parler de ce magnifique roman, riche en émotions. J’étais curieuse de découvrir la plume de l’animatrice et j’avoue avoir été totalement conquise. Une lecture dans le cadre de la Masse Critique Babelio.
Manon, mère divorcée et océanologue, peine à se remettre d’une déception sentimentale. Un chagrin qui la replonge dans les tourments de son enfance, marquée par la disparition de son père marin, à l’autre bout du monde. Lorsque son chef lui propose une expédition dans le Pacifique sud, là où son père avait été aperçu une dernière fois, elle cède à l’appel du grand large, dans l’espoir de trouver des réponses à ses questionnements. De retrouver la trace de ce père qui lui manque tant.
Manon m’a touchée en plein cœur. Sa douleur, sa solitude, son chaos émotionnel. Sa quête intérieure. Son courage de quitter sa routine quotidienne et d’oser sortir de sa zone de confort. Juste penser à elle. Se faire confiance. Se retrouver.
Avec des si, on pourrait refaire le monde. Mais parfois, il faut juste apprendre à lâcher prise. Se lancer sans avoir peur d’échouer. Juste aller à l’endroit où notre cœur nous mène. Affronter les éléments déchaînés pour mieux retrouver ce sentiment de paix intérieure et sa propre lumière. Se confronter à son passé pour mieux renaître. Déterrer un secret de famille trop longtemps enfoui pour tenter de comprendre ce qui a déclenché ce vide immense qu’elle ressent au fond d’elle.
Un roman qui évoque le voyage et l’aventure. Au bout du monde, en Patagonie, où le Cap Horn devient un décor époustouflant, avec des paysages rudes, à couper le souffle, qui nous font puiser au fond de nous cette force nécessaire pour lutter et résister. Un véritable symbole de nos tempêtes intérieures, des choix qui s’imposent à nous et des vérités qui finissent toujours par remonter à la surface.
Un roman sensible, profondément humain sur les liens, l’amour sous toute ses formes, les silences qui pèsent. Une invitation à regarder l’horizon et à puiser la lumière dont on a besoin pour oser un changement de direction, écouter ce que notre cœur nous murmure, pardonner les erreurs commises et trouver la force d’avancer pour se reconstruire. Avec ce désir incessant d’aller au bout de ses envies et de ses rêves et d’ouvrir les bras en grand à ces rencontres que l’on n’attendait plus. Celles capables de transformer nos vies. De nous apaiser. De nous réconcilier avec notre passé.
Un roman délicat que je vous recommande chaleureusement.
Alors tentés ?
Mes extraits :
• « Ton passé ne doit pas décider de ton avenir. Avancer, ce n’est pas oublier »
• « Parfois, la vie, c’est comme une lame de fond qui emporte tout sur son passage. C’est une mer calme en apparence, mais la tempête gronde, là, en profondeur. Le courant est trop fort et il suffit d’un moment, le dos tourné, pour qu’il vous fauche les pieds. Ça vous entraîne dans les bas-fonds, ça vous presse, vous noie, et puis quand vous parvenez à sortir la tête de l’eau, vous regardez autour de vous et plus rien n’est comme avant, à l’image d’un cyclone qui aurait tout ravagé sur sa route »
• « Il y a des choix à faire sans la vie, des choix qui vous heurtent et vous libèrent en même temps. Le train de la vie est en gare, il siffle, prêt pour une nouvelle destination ; alors il faut sauter dedans, sans réfléchir, sans connaître vraiment la destination. Juste se sauver de soi-même. La vie oblige à sortir de soi pour mieux se retrouver. C’est une drôle d’équation. Il faut pourtant se forcer à la résoudre pour aller de l’avant »
• « Le silence est parfois bien loquace. En amitié comme en amour, il arrive que les blessures de l’autre pensent les vôtres. Des vases communicants qui soignent et solidifient des liens. Des ondes qui passent et trouvent refuge chez l’autre »
• « C’est aussi cela, le sel de la vie : savoir digérer ses échecs amoureux, admettre que l’amour vous cueille à n’importe quel moment, vous lessive dans un sens puis dans un autre. Se résigner, parfois, à avoir le contrôle de sa vie. Tant de choses nous arrivent malgré la volonté féroce que l’on met à tout maîtriser »
• « Elle a enfin trouvé sa place. Sa juste place. Il lui aura fallu franchir tellement d’obstacles, gravir tant de montagne pour trouver aussi une certaine sagesse. Elle a appris de sa solitude, de ses échecs, de ses déception, de ses maladresse, pour, enfin, sentir qu’elle est sur le bon chemin. Celui de son épanouissement et de l’apaisement »
• « Il s’en veut d’avoir cédé aux sirènes de la facilité, et que sa vie se soit écroulée comme un château de cartes. Ce qui le ronge plus encore, c’est le mal qu’il a diffusé autour de lui, les dommages collatéraux que cela a engendrés et le gâchis de vie auxquelles, pourtant, il tenait tant. Il est fatigué, user par son rôle de déserteur et par ses nuits hantées de fantômes qui le traquent sans cesse. Une erreur de jeunesse qu’il paye désormais de sa chair »
• « Tout au long de son apprentissage scientifique, la mort a toujours été associée à un retour aux origines, à une dissolution dans l’immensité, à la goutte d’eau qui rejoint l’océan. Manon le sait, devant cette nature aux teintes bleutées, il faut avoir une forme d’humilité : face à la mer l’humain est petit, éphémère mais connecté à quelque chose de vaste et d’éternel. C’est exactement pareil face à la mort : elle est inhérente à la vie. Inévitable »
• « Manon sait à quel point son amie a toujours été une ancre solide lors des nombreuses tempêtes qu’elle a traversées, une présence rassurante, même au milieu de pesants silences. Quand le sang ne suffit pas à faire foyer, alors l’amitié devient la famille, celle que l’on construit et qui nous ressemble »
Ma note : 8,5/10
