Coucou tout le monde. Je suis ravie de vous retrouver pour vous parler de ce roman 𝑪𝑶𝑼𝑷 𝑫𝑬 𝑪Œ𝑼𝑹❤️ C’est très rare de sentir dès les premières pages qu’un roman va nous marquer de manière indélébile. Un véritable et gigantesque coup de cœur. Si je ne l’avais pas découvert en LC avec @la.pause.litteraire.bookclub, je l’aurai lu en quelques heures sans pouvoir le lâcher.
Merci @eloiseriera_ de mettre autant de ton âme, de délicatesse, douceur, humanité dans les sujets évoqués et pour la confiance que tu m’accordes 🙏🏻
Coline est sage-femme, Lara est thanatopractice. L’une cherche sa place dans sa propre vie, l’autre cache ses failles derrière un humour mordant. Tout semble les opposer et rien ne les prédisposent à se rencontrer. Pourtant, un événement dramatique va faire basculer leur vie. Elles vont devoir faire face a leur passé pour apprendre à se reconstruire.
Un roman doux et sensible, comme je les aime tant. J’avais tellement hâte de retrouver la plume d’Eloise, après avoir été si touchée par son précédent roman 𝑫’𝒖𝒏 𝒑𝒂𝒑𝒊𝒍𝒍𝒐𝒏 𝒂̀ 𝒖𝒏𝒆 𝒆́𝒕𝒐𝒊𝒍𝒆. Une autrice pour laquelle j’éprouve une profonde tendresse.
J’ai aimé cette manière de mettre en lumière deux métiers qui sont une véritable vocation. Les sages-femmes qui sont une véritable épaule pour accompagner et rassurer les futures mamans, soutenir lorsque le drame survient. Ces femmes qui accouchent dans la douleur, sous X, après un viol, d’un enfant mort-né…Et puis les thanatopractices, trop méconnu, qui possèdent l’art et la manière d’embellir la mort dans l’ombre et le plus profond des respects et apportent à leur manière du réconfort.
Coline et Lara, des personnages animés par la vie qui vont cheminer vers ‘la résilience. Un roman qui évoque ce que l’on retient, camouflé, dissimule. Nos non-dits. Nos blessures enfouies. Nos sourires de façade que l’on affiche en disant que tout va bien.
Une plume intimiste qui explore les émotions humaines avec une profonde justesse : le deuil, l’absence, le manque, la douleur, la peur, les mensonges, l’injustice, la maternité, les secrets de famille. Aux silences, aux regards qui se reconnaissent, aux rencontres inattendues et précieuses, aux instants suspendus que nous offrent la vie.
Un roman tout en délicatesse et douceur qui réchauffe le cœur. Un bijou à l’état pur à découvrir absolument et qui parlera à ceux qui ont perdu un être cher ou redoutent la mort. Un livre à offrir sans modération à ceux qui embellissent votre vie chaque jour, à ceux dont le regard vous porte et vous élève au quotidien, à ceux qui croient en vous et vous donne de la force en vous offrant un amour inconditionnel. Un texte empreint de poésie, de vérité qui défient le temps. C’est comme se tenir la main et affirmer que dans les épreuves que nous sommes amenés à traverser, il y aura toujours une oreille attentive, un regard réconfortant, une épaule rassurante pour nous soutenir et que nous ne serons jamais seul. Nous confier que peu importe où se trouvent nos défunts, ils continuent de veiller sur nous et nous accompagnent sur notre chemin, vers la lumière.
J’ai refermé ce roman d’une rare intensité émotionnelle les yeux remplis d’étoiles.
Une pépite à découvrir absolument d’une auteure chère à mon cœur.
Mes extraits :
• « Chaque corps est le théâtre de batailles cachées qu’il est presque toujours impossible de deviner. Il y a la surface et ce qui reste tapi en dessous, invisible aux yeux du monde »
• « Au-delà du suivi de la mère, c’est la femme que je ne perds pas de vue. Pendant mes études, c’est ce qui m’a frappée : en voie des dizaines disparaître, s’effacer derrière leur nouveau rôle et je mets un point d’honneur à ne jamais leur faire oublier qui elles sont au profit de ce qu’elles deviennent »
• « Je ne sais que trop à quel point la blessure fantôme que laisse un père absent est difficile à apaiser »
• « Les gens aiment séparer vie et mort, alors que des événements comme celui que vous avez traversé les lient de manière intrinsèque »
• « Cette femme thanatopractice et les gens de sa profession effectuent un véritable travail d’orfèvre, une œuvre d’art et je ne comprends pas que ce métier soit si méconnu »
• « C’est le seul moment dans notre existence où on est tous égaux. Les riches, les pauvres, les beaux, les laids, les jeunes et les vieux, les bons ou les méchants, peu importe, devant la mort, tout le monde est au même niveau. À chacun de mes soins, je me tiens face à quelqu’un qui a vécu. Plus ou moins longtemps, plus ou moins intensément. Mais la plupart de ces gens ont été aimés, ont eux-mêmes aimé, pleuré, connu des joies, des drames, de grands bonheurs, des peines immenses. J’ai pour habitude de dire qu’il ne faut jamais prendre la vie trop au sérieux, car personne n’en est encore ressorti vivant »
• « A chacune de nos conversations, je décèle dans ses paroles une sagesse dont seuls ceux qui ont rencontré la noirceur, la vraie, peuvent faire preuve. Les chagrins font grandir plus vite, je suis bien placée pour le savoir »
• « Je n’avais jamais été confrontée à la mort d’aussi près. Elle m’a toujours paralysée. Mon cerveau n’arrive pas à comprendre, à concevoir qu’on peut disparaître en l’espace de quelques minutes. À quoi bon passer des années à construire une vie, à courir après le bonheur, si c’est pour terminer dans une boîte, à l’intérieur d’un caveau que tout le monde finit par oublier de visiter ? »
• « Je crois qu’il ne faut pas courir après le bonheur. Il est là, à chaque instant. Nous devons seulement ouvrir les yeux. Par exemple, tout n’est pas parfait dans ma vie, mais ce moment avec toi, c’est un instant de bonheur à mes yeux. Je le sais parce que, lorsque j’y repenserai, je le ferai avec un sourire dans le cœur »
• « Je considère que je sers à embellir la mort, que j’apporte douceur et réconfort à ceux qui ressent, ceux qui accompagnent une part d’eux au bout du chemin. C’est pour eux que c’est difficile, ceux qui restent. Et mon rôle, c’est aussi d’être là pour eux, de rendre hommage à leur défunt, faire en sorte qu’il soit le plus proche possible de la personne qu’ils ont connue »
• « Je suis là, avec cette famille que la vie vient d’amputer. Pourtant, en observant cette maman qui serre fort contre elle son petit garçon, je songe qu’il ne les a pas vraiment quittés. Il est parti en leur léguant un amour inconditionnel, le plus précieux des héritages, imperméable au temps qui passe. Il s’est envolé à tire-d-aile. Pas de ceux qui disparaissent pour migrer ailleurs. Plutôt comme ceux qui s’éloignent un peu pour mieux rester. Éternellement »
• « Elles m’ont raconté ce voyage qui a marqué leur vie, leurs doutes et surtout les rires qu’elles gardaient comme héritage. Elles m’ont confié être en paix avec son départ, tant elles l’avaient accompagné jusqu’au bout »
• « La vie est un savoureux mélange d’expériences, de trajectoires qui façonnent les gens pour en faire des êtres en perpétuelle évolution »
• « C’est la victoire de la lumière sur l’obscurité, c’est la vie qui continue malgré l’absence, malgré les doutes, malgré la douleur »
• « J’ai compris qu’il n’y aurait pas un jour où je ne penserais pas à elle. Que ce dernier mon éternel refrain, une sorte d’hommage infini. Que les moments importants seront toujours amputés et qu’ils laisseront place à des souvenirs lumineux. Que je serai à jamais reconnaissante d’avoir eu une mère qui m’a aimée malgré ses fêlures, d’avoir vécu ces instants imparfaits, mais précieux. J’ai découvert que j’ai passé des années à me préparer, mais qu’en vérité, il est impossible d’anticiper un deuil, ni avec la tête ni avec le cœur. Le bonheur s’invite parfois sans frapper et l’absence cogne encore plus fort que d’ordinaire. Mais, par moments, la tendresse vient cohabiter avec la douleur et tout devient alors plus doux »
• « Je garde ancrée en moi la certitude que, quoi qu’il arrive, il ne faut jamais cesser d’espérer »
• « Je me sens enfin à ma place dans cette drôle de famille pas comme les autres. Elle est recomposée de la plus belle des façons. Elle rassemble des gens qui se sont choisis pour naviguer sur les remous de la vie, affronter ses tempêtes et savourer ses accalmies. Ensemble, toujours »
Ma note : 10/10
